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Bernard Cazeneuve, le ministre qui contente le gouvernement et l'opposition

DÉCRYPTAGE - Le ministre de l'Intérieur jouit d'une cote de popularité élevée, ainsi que d'une crédibilité auprès du gouvernement et de l'opposition.

Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira, le 31 mars 2015.
Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira, le 31 mars 2015.
Marie-Pierre Haddad

Sur la question des migrants, "Bernard Cazeneuve a fait un travail de terrain et de fond. Il consulte et il s'est engagé sur la réforme de la procédure d'asile". Cette phrase élogieuse a été prononcée par Rachida Dati, députée européenne Les Républicains, ce vendredi 12 juin, sur l'antenne de RTL.

Le ministre de l'Intérieur échappe aux critiques de l'opposition, et ce, malgré le fait qu'il traite de sujets sensibles qui divisent le gouvernement et Les Républicains, comme l'immigration et le terrorisme. Six mois après les attentats de Charlie Hebdo et la prise d'otages de l'Hyper Cacher de porte de Versailles, le ministre est sous le feu des projecteurs. Il reconnaît lui-même son côté "un peu austère, sans doute trop sérieux", mais "je suis comme ça", résume-t-il.

Une popularité élevée qui se maintient

Cette austérité qui le caractérise est perçue comme du sang-froid, ce qui lui a valu d'être l'homme qui montait au gouvernement, après les attentats de janviers dernier. L'ancien ministre socialiste Philippe Martin déclarait, en mars dernier, lors d'un déplacement de Bernard Cazeneuve dans le Gers, être soufflé par "l'effet Cazeneuve" : "On se rend compte que l'autorité est de trouver les mots justes et le ton. Lorsqu'il est venu inaugurer une caserne de pompiers, il a conquis son auditoire par cette autorité tranquille qui rassure. Il est un gardien de la paix civile pour le pays".

Dix jours après les attentats, les premiers effets commencent à se faire sentir en ce qui concerne sa cote de popularité. Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien69% des personnes interrogées ont une opinion favorable de lui, contre 56% auparavant. 4% des sondés le trouvent "très bon" et 52% "plutôt bon". Le pourcentage des personnes à le trouver "mauvais" est passé quant à lui durant la même période de 43% à 30%. À la question de savoir si Bernard Cazeneuve a été "à la hauteur des événements" que vient de traverser le pays, 77% des personnes interrogées considèrent que oui et 22% non.

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Cette tendance se confirme dans les mois qui suivent. En avril, un nouveau sondage Odoxa, réalisé pour BFM Businessconforte le ministre de l'Intérieur comme étant une "valeur sûre" du gouvernement. "Un 'carré d’as' de ministres se dégage nettement, tous, tutoient ou dépassent les 50 % de jugements positifs quant à leur action dans leurs ministères respectifs. Il s’agit de Bernard Cazeneuve (51 %), Laurent Fabius (48 %), Jean-Yves Le Drian (46 %) et Emmanuel Macron (47 %) à l’Économie", note l'étude.

Ancien porte-parole de François Hollande lors de la présidentielle de 2012

Au sein du gouvernement, Bernard Cazeneuve jouit du statut d'ancien porte-parole de campagne de François Hollande. Selon LCI, cet homme politique de 52 ans est surnommé le "cardinal" chez les députés socialistes. "Longtemps fabusien, il est un avocat affable au visage rond, aux formules précises et mesurées, qui avait estimé lorqu'il avait été nommé en mai 2012, ministre des Affaires européennes : 'On ne peut pas rêver bizutage plus formateur'", rappelle Le Huffington Post. Bernard Cazeneuve a ainsi su s'imposer parmi ses collègues ministres, notamment en reprenant le ministère du Budget après Jérôme Cahuzac, en mars 2013.

Le remaniement ministériel qui a vu l'arrivée de Manuel Valls au poste de premier ministre laisse une grande place à Bernard Cazeneuve qui prend la tête du ministère de la place Beauvau. Des zadistes de Sivens au drame des migrants en passant par les élections départementales où il a été l'arme "anti-Front national" de Manuel Valls, le ministre ne cause pas de remous.

Épargné par les critiques de la droite, qui préfère viser Manuel Valls

Du côté de l'opposition, Bernard Cazeneuve a été soutenu lors de la mort du Rémi Fraisse, un jeune manifestant, sur le chantier du barrage de Sivens. En novembre dernier, Henri Guaino déclare sur iTélé, "ce n'est pas le ministre de l'Intérieur qui a tué ce jeune homme. C'est un accident qui peut toujours arriver quand on déclenche la violence, une telle violence". Son prédécesseur au ministère de l'Intérieur, Claude Guéant, estime que la situation a été gérée "avec professionnalisme" par le proche de François Hollande.

En matière d'immigration, Bernard Cazeneuve a aussi été soutenu par la droite qui a préféré concentrer ses critiques sur Manuel Valls. Le 13 mai, la Commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker a présenté un "agenda européen en matière de migration" afin d'instaurer des quotas de migrants. "Je suis contre l'instauration de quotas de migrants, cela n'a jamais correspondu aux positions françaises", avait alors tranché le premier ministre. Deux jours auparavant, Bernard Cazeneuve déclarait, sur RTL, saluer le fait que les propositions européennes "s'inspirent en partie des propositions faites par la France dès le mois d'août".

Reste cependant un point sur lequel Bernard Cazeneuve a subi les remarques de la droite. En 2013, alors qu'il est ministre du Budget : les impôts. Ce dernier avait assuré n'avoir "aucune leçon à recevoir de la droite". "C'est pourquoi ce que propose monsieur Copé, avec ses 130 milliards d'économies n'est tout simplement pas crédible", avait-il estimé.

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