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Assemblée nationale : pourquoi les députés REM estiment subir un bizutage des anciens

DÉCRYPTAGE - Les anciens députés n'hésitent pas à remettre en place ceux de la majorité, critiquant leur méconnaissance des règles de l'Assemblée nationale.

Nicole Belloubet, ministre de la Justice et Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 28 juillet 2017
Nicole Belloubet, ministre de la Justice et Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, à l'Assemblée nationale, le 28 juillet 2017 Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
MariePierreHaddad75
Marie-Pierre Haddad
Journaliste RTL

Désormais à l'Assemblée nationale, il y a les anciens et les nouveaux députés. Et cela semble provoquer un choc sur les bancs de l'hémicycle. Depuis la mise en place de la nouvelle législature, les anciens se plaignent de l'amateurisme des nouveaux et les nouveaux dénoncent le bizutage des anciens. C'est le principal argument avancé par François de Rugy pour expliquer les moments de flottement ou les tensions au sein de l’hémicycle.

Christophe Castaner avait tenu à rappeler que "ce qui compte c'est que les choses avancent. Bien sûr il y a des débats, des reportages, des commentaires, des incidents de séance, ce qui n'est pas très nouveau". Le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement ajoute que "l'ensemble des textes que nous avions inscrits à la session extraordinaire de juillet se poursuivent dans de bonnes conditions et nous serons en avance sur le calendrier que nous avions envisagé", a-t-il souligné, invitant à "regarder le bon déroulement global des travaux du Parlement (...) et à ne se focaliser que sur l'essentiel".

Bizutage d'un côté...

Matthieu Orphelin, député La République En Marche, attaque les anciens députés, dans une tribune publiée par L'Obs et repérée par Le Lab. "Assumons d’être encore en rodage sur la forme car le fond avance ! Et mieux vaut cela que d’être trop professionnel de la politique. Gardons-nous bien de tomber dans les travers de ceux qui nous donnent aujourd’hui des leçons", écrit-il. L'élu du Maine-et-Loire fustige les "petites phrases isolées de certains sur la fin de l'indemnité représentative de fin de mandat et l'obligation de justificatifs qui tournent sur les réseaux sociaux". La critique des anciens ne s'arrête pas là puisque Matthieu Orphelin s'en prend au "trop d'expérience de ceux qui siègent depuis 30 ans dans des hémicycles, et qui ont très bien su comment profiter de chaque hésitation pour bordéliser la séance".

Quelques jours auparavant, un autre député REM, Gabriel Attal avait voulu combattre les accusations d'"amateurisme" et d'"improvisation", dans une tribune postée sur le Huff Post. "Un seul objectif, partagé à gauche comme à droite : tester la capacité de résistance et la solidité d'une majorité présidentielle marquée par un renouvellement inédit". Et c'est sans détour que le député de la majorité Sacha Houlié écrit sur Twitter : "Notre nouvelle Assemblée assume sa part de fraîcheur et de spontanéité. Notre nouvelle Assemblée assume l'assiduité remarquée et le travail réel des parlementaires de la majorité présidentielle REM. Mais surtout notre nouvelle Assemblée assume de vouloir défendre des projets de fond plutôt que de conduire de stériles débats procéduraux".

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...amateurisme de l'autre

Sur Franceinfo, le responsable du service politique de Marianne, Étienne Girard estime qu'"il y a un certain manque d'humilité de ces nouveaux députés REM. Ils ont accepté des postes surdimensionnés pour eux. Quand on est nouveau à l'Assemblée nationale, on ne devient pas immédiatement vice-président. Et c'est normal d'avoir du mal, quand on est vice-président de l'Assemblée nationale, jamais élu auparavant, sur un débat aussi sensible que la moralisation de la vie politique". Jean-Luc Mélenchon qui avait décidé de quitter une séance, avec son groupe La France insoumise, s'est aussi offusqué de la tenue des débats. Même s'il s'agit de son premier mandat, le député estime que "ce n'est pas de l'amateurisme. C'est un système pyramidal où le pouvoir essaie de faire passer les choses en force. On essaie de nous faire baisser la tête".

La députée Nouvelle Gauche, Delphine Batho, a dénoncé vendredi des "dysfonctionnements inacceptables" à l'Assemblée nationale. Sur LCI, elle déclarait : "On est dans un débat sur la moralisation de la vie publique, sur la confiance dans la démocratie et il y a des dysfonctionnements répétés du Parlement depuis le début de la semaine, et encore cette nuit, qui sont inacceptables, a-t-elle poursuivi. Parce que la majorité n'est pas dirigée". Cependant, il n'est pas question pour la députée de blâmer ses collègues de La République En Marche. "Le problème qui est posé n'est pas de pointer du doigt des jeunes collègues, c'est-à-dire des nouveaux députés qui n'ont pas nécessairement une longue expérience des débats parlementaires, ce n'est pas à eux qu'il faut faire porter le chapeau (...) Les chefs ils sont où ? Il sont où les chefs quand il y a des discussions à l'Assemblée nationale ?". 

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