4 min de lecture Affaire Bygmalion

Affaire Bygmalion : prudence du PS, l'UMP au bord de l'implosion, le FN se délecte

Les réactions politiques se succèdent suite aux rebondissements de l'affaire Bygmalion ce lundi soir. Un "naufrage politique" pour Nicolas Dupont-Aignan, alors que Michèle Alliot-Marie attend "d'autres versions".

Jean-François Copé à Paris le 21 mai 2014. (archives)
Jean-François Copé à Paris le 21 mai 2014. (archives) Crédit : AFP / PATRICK KOVARIK
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L'extrême-droite se réjouit des révélations sur les fausses factures de l'affaire Bygmalion. Pour Jean-Marie Le Pen, c'est une "bombe thermonucléaire". "C'est une bombe thermonucléaire parce qu'elle remet en cause les institutions de la République", a lancé le président d'honneur du Front national sur BFMTV"C'est une affaire assez monstrueuse", a-t-il dit. Il s'agit "d'accusations extrêmement graves" qui "'s'additionnent avec les affaires Kadhafi, Tapie...", a-t-il ajouté.

Les révélations dans le "scandale" Bygmalion "illustrent le naufrage de l'UMP sur le plan moral", a fustigé lundi soir le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR). L'UMP "ayant trahi toutes ses convictions gaullistes, il n'est pas surprenant de constater son naufrage sur le plan moral", déclare dans un communiqué celui qui avait quitté l'UMP en 2007.

Le PS ne veut pas "en rajouter"

La gauche s'est montrée plus prudente, et a dénoncé des faits "absolument sidérants" s'ils sont "avérés". "Nous sommes face à un nouveau séisme de la droite. En même temps, il faut garder son calme et la justice doit pouvoir faire au plus vite son travail et la lumière sur ces révélations", a déclaré Carlos Da Silva, porte-parole du PS.

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"Il n'est pas question d'en faire un objet politique. Au contraire. Parce que tout cela ne peut qu'alimenter la méfiance, la défiance, dont les seuls bénéficiaires sont l'abstention et les populistes", a souligné également Carlos Da Silva. "Rien ne sert d'en rajouter. Les comptes doivent être rendus par Jean-François Copé, par Nicolas Sarkozy, évidemment à leurs adhérents, à leurs sympathisants, aux Français. La France a besoin d'une opposition, d'une droite républicaine qui soit constructive", a-t-il conclu.

Il n'est pas raisonnable et responsable d'en rajouter dans la polémique

Jean-Christophe Cambadélis
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Le premier secrétaire du parti Jean-Christophe Cambadélis a affirmé qu'il ne se réjouissait "pas de l'ensemble de ces affaires, car elles vont jeter un peu plus de discrédit sur les représentations politiques". "Il n'est pas raisonnable et responsable, dans le moment que nous traversons, qui est extrêmement difficile, d'en rajouter dans la polémique", a-t-il dit.

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Du côté de l'UMP, les voix sont très discordantes. L'eurodéputée UMP Michèle Alliot-Marie a estimé qu'il pouvait y avoir "d'autres versions" que celle présentée lundi par l'avocat de Bygmalion"Je pense que c'est un avocat qui a parlé, qu'il défend ses clients, c'est donc tout à fait normal. Il peut y avoir aussi d'autres versions et d'autres réalités, et nous souhaitons les entendre", a-t-elle déclaré sur BFMTV, élue dimanche au Parlement européen. " Si ces sommes (évaluées par l'avocat de Bygmalion de 10 à 11 millions d'euros, ndlr) sont avérées, il est évident que ce sont des sommes très importantes et que c'est un véritable problème", a-t-elle dit.

L'UMP se divise et certains appellent à la démission de Copé

"Le nom de Jean-François Copé n'a été cité par l'avocat que pour le dédouaner, si j'ai bien compris, pour l'instant on ne sait pas qui, ni du côté de la campagne de Nicolas Sarkozy, ni du côté de l'UMP éventuellement, serait réellement responsable de transferts illégaux s'il y avait eu de tels transferts", a dit l'ancienne ministre. Interrogée sur l'éventualité du départ de Jean-François Copé de la tête de l'UMP, elle plaide pour ne pas "systématiquement taper sur des responsables tant que les "tenants et les aboutissants" ne sont pas établis. 

Seul un retour prochain devant les militants, dans un congrès refondateur, sera à la hauteur des enjeux

Alain Juppé
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Le député UMP Pierre Lellouche, de son côté, a appelé à une démission de Jean-François Copé sur RTL. "Il faut qu'il démissionne", a aussi déclaré Bernard Debré sur I-Télé. Jean-François Copé était "forcément au courant, donc forcément complice" de ces fausses factures, selon le député filloniste. 

Sur son blog, enfin, Alain Juppé a estimé que "pour parvenir à organiser les prochaines primaires présidentielles", pour lesquelles il appelle à un rapprochement avec les centristes, "il faut que la direction de l’UMP retrouve son crédit. Seul un retour prochain devant les militants, dans un congrès refondateur, sera à la hauteur des enjeux".

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