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Le député UDR Charles Alloncle (à gauche) et le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus (à droite), respectivement rapporteur et président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public à l'Assemblée nationale à Paris, le 2 février 2026.
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
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Il est passé in extremis. Les députés membres de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public ont adopté lundi 27 avril le rapport final de leur collègue Charles Alloncle (UDR, allié du RN), malgré ses méthodes faisant polémique. Le vote a été acquis par 12 voix contre 10, au terme de quatre heures de débat. Le rapport de 400 pages sera ainsi rendu public lundi 4 mai prochain.
"Il a fallu un certain nombre de compromis" pour "arriver à un vote favorable" et "ça n'a pas été chose aisée", a réagi Charles Alloncle sur BFMTV. "Ça s'est joué à très peu de choses", s'est félicité le député. Le vote était en effet serré : 12 députés se sont prononcés en faveur, 10 se sont opposés et 8 se sont abstenus.
Les députés hésitaient à donner leur feu vert en raison du "ton" employé par Charles Alloncle, totalement "à charge" selon la gauche contre l'audiovisuel public. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a aussi estimé que la commission d'enquête a été "utilisée" par Charles Alloncle "à des fins politiques" pour "porter les idées du Rassemblement national et d'Éric Ciotti". Les parlementaires étaient également réticents à publier le document dont les recommandations choc soumettraient France Télévisions à une sévère cure d'austérité.
Les Insoumis, socialistes et écologistes avaient prévenu avant même le début de la réunion qu'ils voteraient contre l'adoption du texte, dénonçant un texte instrumentalisé et truffé d'erreurs. Le patron des députés PS, Boris Vallaud, avait notamment dénoncé "mensonges" et "partis pris" dans ce rapport "à charge". Il constitue un véritable "pamphlet idéologique", selon les Insoumis qui souhaitaient le "censurer".
Seul le communiste Emmanuel Maurel privilégiait une abstention, ne voulant pas créer un "précédent". Le député du Val-d'Oise (GDR) a finalement rejoint la position de ses collègues. Ainsi, les dix parlementaires de gauche ont voté contre.
La quasi-totalité du bloc central s'est abstenue : les cinq députés Ensemble pour la République (EPR), Béatrice Piron (Horizons) et Sophie Mette et Erwan Balanant (MoDem). "Ce rapport est mauvais, à charge et sans aucune analyse objective" et "en lui permettant d'être publié, nous entendons le combattre", a justifié Marc Fesneau, président du groupe MoDem.
Sans surprise, tous les élus du Rassemblement national ont approuvé le document. "En démocratie, le peuple français a le droit d'être informé avec transparence sur l'usage qui est fait de son argent", a relevé sur X le président du parti, Jordan Bardella, se félicitant d'une "victoire pour les contribuables".
Devant la presse, la cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, a considéré "qu'il faut évidemment à tout prix que le gouvernement se penche sur ces préconisations". Et ce, "d'autant qu'un certain nombre de très lourds dysfonctionnements sont apparus au cours de cette commission d'enquête, qui a donc été très utile pour l'information de nos compatriotes".
Les députés de la droite ont également approuvé le rapport. François-Xavier Ceccoli (LR) affirme que "Les Français attendaient ce rapport". Ce vote "ne veut pas dire que le document est partagé dans son intégralité".
Ainsi, le ciottiste Charles Alloncle, les six élus RN, les LR François-Xavier Ceccoli et Virginie Duby-Muller et la députée non-inscrite divers droite Véronique Besse se sont prononcés en faveur du texte. "Pas de tabou, pas d'omerta : place à la transparence et aux réformes nécessaires pour un service public exemplaire", justifiait-elle sur X.
Dix contre dix. Pour atteindre la majorité absolue, deux autres parlementaires ont joint leurs voix à la droite et l'extrême droite. Laurent Mazaury (Liot) d'abord, qui prône la "transparence de l'action publique". Et enfin, le président de la commission d'enquête Jérémie Patrier-Leitus. Le député Horizons a, lui aussi, évoqué un "souci de transparence" envers les Français. Un choix vivement critiqué par la gauche, dénonçant un volte-face.
L'Insoumis Aurélien Saintoul est venu déplorer devant la presse le changement "au dernier instant" de Jérémie Patrier-Leitus. "Non seulement le macronisme n’aura pas été un rempart face à l’extrême droite, mais il aura été un paillasson, voire un tremplin", a-t-il regretté.
Si le député Horizons avait voté contre, le rapport aurait été rejeté. Un choix qu'il a justifié ce mardi matin sur France Inter, souhaitant que "les Français puissent juger des méthodes de l'extrême droite" et "de la manière dont Charles Alloncle dans un rapport parlementaire insinue, porte des accusations graves" envers des personnes.
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