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18.000 plaintes supplémentaires : Darmanin annonce 88.000 plaintes recensées pour violences sexuelles contre les enfants, après l'affaire Lyhanna

Après l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a annoncé dans "Le Monde" que 88.000 plaintes pour violences sexuelles sur enfants et mineurs sont en cours de réexamen par les services d’enquête. Le ministre de la Justice évoque aussi 7.452 crimes avec auteur présumé identifié.

Après sa réunion avec les procureurs généraux, Gérald Darmanin évoque des "défaillances extrêmement graves" lors de l'affaire Lyhanna le 8 juin 2026.

Crédit : Behrouz MEHRI / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Quelque 88.000 plaintes pour violences sexuelles contre les enfants sont réexaminées par les services d'enquête, un chiffre en hausse par rapport aux 70.000 évoquées après le meurtre de Lyhanna, indique Gérald Darmanin dans un entretien au Monde paru ce mardi 30 juin.

Selon le garde des Sceaux, "on est passé de 70.000 à 88.000 plaintes concernant les enfants" recensées par les services d'enquête, dont "7.452 concernent des crimes (...) dont on connaît l'auteur présumé".

Ce réexamen permettra de "faire le point" sur ces procédures le 14 juillet, a ajouté Gérald Darmanin, cible depuis la mort de l'adolescente, d'appels à la démission venus des oppositions et de la fronde des magistrats qui l'accusent d'en avoir fait des boucs émissaires et de ne pas leur donner les moyens suffisants pour agir efficacement.

"Ce n'est pas la première fois qu'il y a des discordes"

S'il y a eu "une prise de conscience extrêmement importante de l'ensemble de la chaîne pénale" sur les violences faites aux femmes, cela n'a "pas totalement" été le cas pour les enfants, concède Gérald Darmanin.

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Au moment où le garde des Sceaux a "perdu la confiance des magistrats" selon leur principal syndicat (USM), Gérald Darmanin minimise cette crise : "Ce n'est pas la première fois qu'il y a des discordes" entre ministre et syndicats.

Il a relevé que la confiance entre les magistrats et les citoyens existait "malheureusement de moins en moins". S'il a concédé que son ministère manquait "structurellement de moyens", "il y a aussi des erreurs individuelles, comme le montre l'inspection" sur les dysfonctionnements dans le suivi du meurtrier présumé de Lyhanna, jamais entendu ni même convoqué alors qu'il était visé par plusieurs plaintes pour viols sur mineurs.

Des "ces critiques, parfois justes, parfois injustes"

En décidant du retrait d'habilitation d'une magistrate du parquet d'Auch sans attendre le rapport d'enquête administrative attendu pour la fin de l'été, "j'ai simplement fait mon travail de chef d'administration", a justifié le ministre qui se dit conscient que les magistrats "sont très touchés par les critiques, parfois justes, parfois injustes".

Dans cette profession, la question de la sanction "de la faute professionnelle n'a pas toujours été envisagée", regrette-t-il. Le ministre défend à partir de mardi à l'Assemblée nationale son projet de loi sur la justice criminelle, rejeté en commission.

Notamment destiné à désengorger les tribunaux, le texte, très contesté par les avocats, a déjà été amputé de sa mesure emblématique, le plaider-coupable criminel. Mais il prévoit de "développer les cours criminelles départementales, dont l'activité principale est de juger les affaires de viols", avec la création de soixante de ces instances en France, selon Gérald Darmanin.

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