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Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale, en 2020
Crédit : Peter Dejong / ANP / AFP
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Une vie sous contraintes. En novembre 2024, à la suite d'une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité à Gaza, la Cour pénale internationale (CPI) émet des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahu et son ancien ministre de la Défense. Le 6 février 2025, Donald Trump signe en représailles un décret de sanction contre la CPI. Le 20 août 2025, c'est au tour de Nicolas Guillou, juge français à la CPI, d'être placé sous sanctions américaines.
Depuis, le Français et sa famille ne peuvent plus se rendre aux États-Unis. Mais le cœur des sanctions a un impact tout autre puisqu'elles engendrent une "interdiction à toute personne américaine, que ce soit une entreprise ou une personne privée, de fournir des services ou recevoir des services d'une personne sous sanction. Très concrètement, ça a des impacts en matière digitale, en matière numérique et en matière bancaire", résume le juge au micro de RTL ce lundi 20 avril.
Autrement dit, il ne peut par exemple plus utiliser Netflix, Airbnb, PayPal ou encore Amazon. "Vous êtes dénumérisé, vous vivez en fait à l'âge du pré-numérique, un peu comme dans les années 90", indique-t-il.
Un mécanisme qui vise globalement à ce que nous ne jugions plus en toute indépendance et en toute impartialité.
Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale
Ces sanctions, Nicolas Guillou a peu de possibilités de les contester. "Ces sanctions, en fait, elles ne vous sont pas notifiées. Ce n'est pas comme une décision de justice où vous avez un certain nombre de droits, que ce soit des droits de la défense, une possibilité de les contester, une notification. Quand vous êtes mis sous sanction, comme c'est mon cas, vous l'apprenez un peu par hasard. Dans mon cas, c'était un tweet de la part du secrétaire d'État", explique-t-il. Le juge ne sait pas, par ailleurs, quand ces sanctions prendront fin. C'est l'administration américaine, à sa discrétion, qui décidera de les enlever ou pas.
Pour lui, ces sanctions sont un "mécanisme pour nous faire changer nos décisions de justice. C'est en fait un mécanisme qui vise globalement à ce que nous ne jugions plus en toute indépendance et en toute impartialité, comme le font tous les juges en Europe et dans la plupart des pays du monde, mais jugés en fonction de peur qu'on voudrait nous infliger ou de pression".
Sur RTL, Nicolas Guillou appelle les Européens à ne pas devenir les "vassaux" de puissances étrangères. Cela passe par le "chemin de l'indépendance et de la souveraineté".
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