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"Vous pouvez me mettre mille ans en prison" : une mère condamnée pour avoir administré de la cocaïne à sa fille hospitalisée à Marseille

Une mère de famille de 50 ans a été condamnée à quatre ans de prison, dont un an ferme, pour avoir administré de la cocaïne à sa fille de 10 ans atteinte d’une maladie neurogénétique alors qu’elle était hospitalisée à Marseille.

Le tribunal de Marseille, le 15 mars 2021.

Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP

AFP

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Les faits remontent à février 2022. Une enfant de 10 ans et lourdement handicapée en raison d’un retard de développement lié à une maladie neurogénétique, est alors hospitalisée à l’hôpital de La Timone Enfants à Marseille, où elle est suivie depuis l’âge d’un an.

Au cours de son hospitalisation, son état de santé se détériore fortement jusqu’à ce qu’elle tombe dans le coma un mois après son admission. Cette aggravation pousse les médecins à mener des investigations approfondies. Les analyses révèlent alors la présence de cocaïne et de fentanyl, un puissant opiacé, dans son organisme.

Les examens menés rétrospectivement mettent également au jour des traces de cocaïne dans un prélèvement de liquide céphalo-rachidien conservé par l’hôpital depuis deux ans.

L’arrêt des visites parentales suivi d’une amélioration de son état

Face à ces découvertes, un juge ordonne l’interruption des visites des parents. Selon l’enquête, cette mesure s’accompagne d’une amélioration immédiate de l’état de santé de l’enfant.

La mère reconnaît alors avoir consommé de la cocaïne dans la chambre d’hôpital. Lors de son procès, le 20 mai dernier, cette Toulonnaise de 50 ans a toutefois nié avec force toute administration volontaire à sa fille. "Vous pouvez me mettre mille ans en prison, ce qui me fait de la peine, c’est qu’on dise que je lui ai fait du mal", avait-elle déclaré devant le tribunal.

Au cours de l’instruction, les experts en toxicologie ont estimé qu’il était impossible d’affirmer avec certitude si la présence de drogue chez l’enfant résultait d’une administration directe ou d’une contamination passive liée à son environnement.

De très faibles traces de cocaïne retrouvées dans la nourriture de la fillette et sur certains de ses objets personnels pouvaient, selon eux, s’expliquer par un simple transfert ou un contact indirect. Cette incertitude avait conduit le parquet à envisager une requalification des faits en mise en danger de la vie d’autrui, une infraction involontaire.

Le tribunal a finalement écarté cette hypothèse et s’est montré plus sévère que les réquisitions du parquet, qui avait demandé une peine de quatre ans de prison intégralement assortie du sursis.

Retrait de l’autorité parentale et obligation de soins

Les juges ont condamné la mère à quatre ans d’emprisonnement, dont un an ferme, ainsi qu’à trois ans de sursis probatoire renforcé. Ils ont également imposé une obligation de soins psychologiques.

Le jugement prévoit par ailleurs que les contacts entre la mère et sa fille ne pourront avoir lieu que dans un cadre médiatisé fixé par la justice. À la demande du père de l’enfant, le tribunal a également prononcé le retrait de l’autorité parentale de la mère.

Absente lors du délibéré, la quinquagénaire a vu son avocate, Me Frédérique Chartier, dénoncer une décision injustifiée. "C’est une grosse déception", a réagi la défense, qui avait plaidé la relaxe en dénonçant une "enquête bâclée" et en reprochant aux enquêteurs d’avoir, selon elle, écarté trop rapidement le père, pourtant auteur de violences conjugales.

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