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Vigile noyé à Bobigny : quatre à neuf ans de prison

Les quatre accusés ont été reconnus coupables de violences ayant entraîné la mort de Saïd Bourarach.

Le Canal de l'Ourcq au niveau du Parc de la Villette

La rédaction numérique de RTL & AFP

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La cour d'assises de Seine-Saint-Denis a condamné les quatre hommes qui avaient en 2010 poursuivi Saïd Bourarach le long du canal de l'Ourcq à Bobigny, provoquant sa mort par noyade, à des peines de quatre à neuf ans d'emprisonnement.

Dans une ambiance tendue, et devant une salle comble encadrée par un important dispositif policier, la cour d'assises de Seine-Saint-Denis a reconnu coupables Dan Sellam, Michaël Lampel, Lucien Dadoun et Dan Lampel d'avoir exercé des violences, avec arme et en réunion, qui ont entraîné la mort de ce père de famille marocain de 35 ans en 2010. Elle a condamné ces hommes, âgés de 24 à 30 ans, respectivement à quatre, cinq, six et neuf ans de prison.

"Satisfaite" de sanctions "normales au regard du dossier", Dominique Cochain, avocate de la nièce et du frère de M. Bourarach, a néanmoins déploré "l'absence de deux accusés, notamment le principal mis en cause qui n'a pas assumé".

Mandat d'arrêt pour deux condamnés

A l'origine de l'altercation, Dan Lampel, 24 ans, a comparu libre aux côtés de son frère Michaël et d'un ami, Dan Sellam, tout au long du procès qui avait débuté le 17 mars mais ne s'est pas présenté jeudi. La cour a délivré un mandat d'arrêt à son encontre.

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Selon son avocat, Paul Le Fèvre, ce jeune homme apparu très pâle est "terrorisé" à l'idée de retourner en prison. "Il a subi des menaces. Depuis quelques jours, des médias à la con publient ses photos sur internet", a dénoncé l'avocat, mettant en cause "les gens qui gravitent autour de cette affaire et l'instrumentalisent".
Lucien Dadoun, absent depuis le premier jour, est également visé par un mandat d'arrêt.

Pris à partie

A l'énoncé du verdict, les deux accusés présents et leurs familles se sont effondrés. En applaudissant, des personnes rapidement contenues par les policiers ont rétorqué "justice".

Le 30 mars 2010, ce vigile d'un magasin de bricolage à Bobigny avait été pris à partie par Dan Lampel qui voulait acheter un pot de peinture alors que le magasin allait fermer.

Il avait ensuite été agressé par cet homme, armé d'une manivelle de cric, ainsi que son frère, un cousin et un ami appelés en renfort et riposté avec sa bombe lacrymogène. Poursuivi par ses assaillants le long du canal, il avait sauté dans l'eau sous la "pression" et s'était noyé.

Pas de mobile racial

Son agression avait été abondamment commentée, certains arguant de son "caractère raciste", les accusés étant juifs. Son sort a été plusieurs fois évoqué par le polémiste Dieudonné, qui a fait une brève apparition lors du procès. Mais l'enquête a rapidement écarté le mobile racial, retenant le motif "futile" du pot de peinture.

"Si la victime n'était pas musulmane, si les accusés n'étaient pas juifs, cela aurait pu rester un tragique fait divers et ne pas attirer l'attention médiatique. Mais ce dossier n'est pas celui du racisme ou de l'antisémitisme, nous n'en avons que le fantasme", avait insisté mercredi la représentante du ministère public.

"On ne reproche pas aux accusés un mobile raciste, on ne leur reproche pas non plus d'avoir voulu la mort de ce vigile, on leur reproche des violences physiques et psychologiques qui ont causé cette mort", avait poursuivi Anne Haller, requérant des peines de cinq à douze ans d'emprisonnement.

Dix jours pour faire appel

Minimisant les faits, se contredisant, niant avoir porté des coups, hormis un coup de poing reconnu, les accusés avaient soutenu que le vigile nageait vers l'autre rive lorsqu'ils quittaient les lieux et que jamais ils n'auraient imaginé cette issue "tragique".

La veuve de Saïd Bourarach, qui espérait la "justice" pour pouvoir faire son deuil et que leur fils puisse grandir "dans la paix", s'est dite "dégoûtée" en constatant l'absence du principal accusé. Son conseil, François Danglehant, a regretté qu'un mandat de dépôt n'ait pas été délivré à son encontre avant la tenue du procès. 

Les accusés ont dix jours pour faire appel. 

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