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Victimes des "zoos humains" en France : le Sénat approuve la restitution de dépouilles d'Amérindiens à la Guyane, décédés il y a 130 ans

Une proposition de loi a été votée lundi 18 mai 2026 par le Sénat pour restituer des ossements à la Guyane. Ces dépouilles sont affiliées à des Amérindiens issus de la région guyanaise et transférés à Paris à la fin du XIXe siècle pour être exposés à la vue du grand public dans des "zoos humains".

Le Sénat, le 26 novembre 2025.

Crédit : Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Des ossements d'anciens pensionnaires de zoos humains en France seront restitués en Guyane

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Des ossements d'anciens pensionnaires de zoos humains en France seront restitués en Guyane

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William Galibert & AFP - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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C'est une histoire douloureuse que le Sénat tente d'apaiser. Une proposition de loi a été adoptée ce lundi 18 mai 2026 pour restituer à la Guyane des dépouilles d'Amérindiens jusqu'ici conservées au Muséum d'histoire naturelle, plus de 130 ans après leur mort dans des conditions indignes. 

En 1892, trente-trois Amérindiens venus de la région du Maroni - entre la Guyane et le Suriname - sont conduits à Paris. Ces derniers ont traversé l'Atlantique la tête pleine de promesses : on leur a vendu ce voyage comme "l'expédition d'une vie", en leur martelant qu'ils deviendraient très riches. 

En réalité, on leur a surtout préparé une cage : quand ils arrivent, les 33 se retrouvent finalement exhibés dans des "zoos humains" au Jardin d'Acclimatation de Paris. Des hommes, des femmes et des adolescents sont montrés au public parisien comme des curiosités exotiques. 

Des conditions de vie inhumaines

Des visiteurs qui se croient modernes et civilisés payent leur ticket pour les voir de plus près. Les conditions de vie de ces Amérindiens sont ignobles. Huit d'entre eux ne passeront même pas l'hiver 1892 et trouveront la mort. 

Ces derniers sont d'abord enterrés, mais leurs dépouilles vont être rapidement exhumées et confiées au Muséum d'histoire naturelle. Ces ossements et moulages ne sont plus seulement des morts, mais deviennent de véritables pièces de collection. Ces restes humains sont conservés, inventoriés et rangés dans des boîtes où ils ont passé les 134 dernières années. 

Pour réclamer justice, plusieurs associations se sont battues. Celles-ci ne réclament pas un monument, une statue ou de l'argent, mais simplement que les morts reviennent chez eux, pour offrir des funérailles et une sépulture sur le sol guyanais à ces Amérindiens issus des peuples Kali'nas et Arawaks. 

Une loi pour la restitution soumise aux sénateurs

Ce processus doit forcément passer par la création d'une loi, car ces collections sont protégées par le principe d'inaliénabilité. En clair, même quand il s'agit d'ossements humains, l'État ne peut pas simplement autoriser leur reprise. Il faut passer par le Parlement. 

Cette proposition législative a été soumise au Sénat ce lundi par la sénatrice Catherine Morin-Desailly, dans un contexte de grande émotion. ""Nous parlons d'hommes et de femmes, d'êtres humains arrachés à leur terre, à leur peuple, à leur dignité", a réagi la sénatrice, devant une délégation guyanaise. 

Le texte doit encore être adopté par l'Assemblée nationale, mais le calendrier est très incertain. Après 134 ans dans des boîtes, on pourrait peut-être trouver un moment pour que ces défunts puissent enfin rentrer chez eux.

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