2 min de lecture Yvelines

Yvelines : une mosquée salafiste conteste sa fermeture devant le Conseil d'État

Accusé de prôner un islam rigoriste, appelant à la discrimination et la haine, le lieu de culte avait été fermé le 2 novembre sur ordre de la préfecture des Yvelines.

Le Conseil d'État (illustration)
Le Conseil d'État (illustration) Crédit : AFP
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

La mosquée salafiste d'Ecquevilly, dans les Yvelines, avait dû fermer ses portes le 2 novembre dernier, et ce jusqu'à la fin de l'état d'urgence, sur ordre de la préfecture qui l'accuse d'appeler "à la discrimination et la haine, voire à la violence". En cause, la teneur des discours de son imam. Lundi 5 décembre, le lieu de culte a contesté la décision devant le Conseil d'État

La mosquée est "un lieu de référence influent de la mouvance salafiste, prônant un islam rigoriste, appelant à la discrimination et la haine, voire à la violence à l'encontre des femmes, des juifs et des chrétiens", avait argué le préfet dans son arrêté, expliquant que l'imam avait "légitimé" dans un prêche du 20 novembre 2015 les attentats parisiens. La menace terroriste, soulignait-il, implique "des individus de plus en plus jeunes dont le trait commun est de fréquenter assidûment des mosquées salafistes". 

Des attentats "tolérables"

Saisi au nom de la liberté de culte par l'Association islamique Malik Ebn Anas le 17 novembre, le tribunal administratif de Versailles s'était rangé derrière l'argumentaire du préfet, en confirmant la fermeture de la salle de prière. Dénonçant un amalgame entre salafisme et jihadisme, les avocats de cette association qui gère la mosquée avaient annoncé ce recours devant le Conseil d'État, la plus haute autorité administrative du pays. 

Une note blanche produite par la préfecture, sur laquelle s'est appuyé le tribunal pour rendre sa décision, attribue à l'imam des propos litigieux relatifs à l'islam ou aux femmes, "incitatifs à la haine, à la discrimination, au non-respect des lois de la République et à la violence". À l'audience, la représentante du ministère de l'Intérieur avait décrit "un message insidieux, subliminal, qui instille l'idée dans la communauté que, finalement, les attentats sont tolérables", derrière une "vitrine propre", qui condamne le terrorisme.

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Dans sa requête, l'association soutient que la mosquée, qui se revendique du salafisme quiétiste (ordinaire) et non du salafisme "révolutionnaire" qui "constitue la mouvance jihadiste", est "apolitique et pacifique". Elle répète avoir "toujours condamné" le terrorisme et la violence, notamment dans des tracts après le 13-Novembre. "Aucun" de ses fidèles, assure-t-elle, n'est à sa connaissance mis en cause dans un dossier terroriste ni assigné à résidence. Retranscriptions à l'appui, l'imam nie avoir tenu les propos reprochés.

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