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Tuée à cause d'une rivalité amoureuse ? Un an après le meurtre de Karen Carter, Britannique expatriée en Dordogne, une retraitée de 70 ans mise en examen

Karen Carter, une sexagénaire britannique installée à Trémolat (Dordogne), avait été retrouvée morte, gisant dans son sang, en avril 2025. Début juillet, un juge d'instruction a inculpé une de ses voisines, soupçonnée de l'avoir assassinée. Elle avait des vues sur l'homme avec qui la victime entretenait une relation extra-conjugale.

Photo de profil Facebook de Karen Carter, une expatriée britannique retrouvée morte à Trémolat en avril 2025.

Crédit : Facebook

L'INTÉGRALE - Karen Carter : l'énigme sanglante de Trémolat

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Sur sa page Facebook, Karen Carter apparaît tout sourire, un verre de vin blanc à la main, retournée sur sa chaise pour chercher l'objectif de la caméra. Sur ses photos, cette Britannico-Sud-africaine pleine de vie se met en scène partout où elle passe, soit avec un verre à la main, soit entourée de ses proches, ou bien en tenue de randonnée. La belle vie, en somme. Sauf que ce mur Facebook est aujourd'hui un mémorial. Les commentaires sont anciens. Les photos ne sont plus que des souvenirs. Car Karen Carter a été assassinée le 29 avril 2025

Mercredi 22 juillet, plus d'un an après sa tragique disparition dans le petit village de Trémolat, en Dordogne, où elle s'était installée, la justice française a annoncé un rebondissement dans l'enquête. Au début du mois, une femme âgée de 70 ans a été mise en examen pour le meurtre de Karen Carter, 65 ans. "Le 2 juillet 2026, le juge d'instruction de Périgueux a mis en examen une femme du chef d'assassinat", a sobrement indiqué le procureur, Jacques-Édouard Andrault, dans un communiqué.

Difficile d'obtenir plus de détails. Pourquoi l'enquête a-t-elle pris tant de temps ? Quels nouveaux éléments ont permis d'inculper la septuagénaire ? Le parquet ne le précise pas. Il explique simplement que la principale suspecte vivait dans le même village que Karen, à Trémolat. Et que celle-ci avait un temps été placée en garde à vue en avril 2025, au début de l'enquête. Elle avait été relâchée sans être inquiétée.

"Murder in Dordogne"

L'annonce de l'inculpation de cette dame, une infirmière retraitée, a résonné jusqu'au Royaume-Uni, où le meurtre de l'Anglaise avait fait grand bruit l'année dernière. Sur la Une du Daily Mail, la photo tout sourire de Karen, mère de quatre enfants, apparaît dans un petit encart, en bas à droite de l'édition de ce jeudi. Avec écrit en grosses lettres jaunes "MURDER IN DORDOGNE" ("Meurtre en Dordogne") : "Une femme de 70 ans, 'rivale amoureuse', inculpée pour le meurtre d'une expatriée britannique".

Il faut creuser dans la presse locale et britannique pour en apprendre un peu plus sur les circonstances du drame et obtenir quelques détails sur le profil de la présumée tueuse de Trémolat. À l'époque, les enquêteurs avaient rapidement exploré la piste amoureuse. Si elle vivait seule dans le Périgord, Karen Carter était mariée à un Sud-Africain, Alan Carter. Le mari avait appris la tragique nouvelle sur les réseaux sociaux. "Tout le monde l'aimait. C'est pour ça que je l'ai épousée. Elle est tout simplement adorable", confiait-il à la BBC depuis l'Afrique du Sud, où il réside.

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Mais, en France, la sexagénaire, occupée à louer des meublés touristiques et très impliquée dans la vie locale, menait une double vie. Elle fréquentait un homme d'affaires, Jean-François, 75 ans, avec qui elle passait justement la soirée le jour de sa mort. C'est lui qui a découvert le corps, gisant dans son sang près de sa voiture. Karen avait alors reçu plusieurs coups de couteau. Il avait rapidement été mis hors de cause par les gendarmes.

L'attention s'était alors portée sur une femme du village, Marie-Laure, voisine de Karen. C'est elle que la presse britannique appelle "la rivale". Car elle avait des vues sur Jean-François, l'amant. Marie-Laure avait été placée en garde à vue 48 heures. Mais elle avait ensuite été relâchée. Contacté, le parquet n'a pas encore confirmé l'identité de l'accusée, qui a été placée sous contrôle judiciaire en attendant son procès.

Les habitants se disent "très surpris"

Un an après, de nouveaux éléments semblent avoir permis de l'inculper. Dans le journal local Sud-Ouest, un habitant de Trémolat, sous couvert d'anonymat, témoigne : "On la connaît très bien et on est très surpris, dit-il, en parlant de la retraitée. On sait qu'elle a un profil psychologique instable qui joue en sa défaveur. Mais de là à tuer en emportant l'arme du crime... Il faut énormément de sang-froid et de force physique."

Depuis l'Afrique du Sud, Alan Carter, qui n'était pas au courant que sa femme entretenait une liaison extra-conjugale au moment du meurtre, s'est dit "soulagé" que l'enquête ait avancé, auprès du journal anglais The Times. Soulagé aussi de ne plus être suspecté d'avoir joué un rôle dans la disparition de sa femme. Le Sud-Africain précise au Times : "Je sais que certaines personnes me soupçonnaient d'être impliqué dans la mort de Karen, ce qui a exacerbé le choc et le deuil, et j'espère que cela contribuera à leur montrer à quel point elles se trompaient."

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