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À Strasbourg, une fake news sur le meurtre d'un jeune propagée sur TikTok déclenche une émeute en plein centre-ville

Une rumeur diffusée sur TikTok affirmant qu’un jeune avait été tué par la police a provoqué le samedi 6 juin une émeute dans le centre de Strasbourg. Une cinquantaine de jeunes se sont rassemblés après cet appel au rassemblement relayé sur les réseaux sociaux. Quatre personnes ont été placées en garde à vue.

Une vue de la cathédrale de Strasbourg, en juin 2009

Crédit : AFP / Archives, Frédérick Florin

À Strasbourg, une fake news sur le meurtre d'un jeune propagée sur TikTok déclenche une émeute en plein centre-ville

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Yannick Olland

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Il aura suffi d’un faux message publié sur TikTok pour provoquer des troubles bien réels dans les rues de Strasbourg. Samedi 6 juin 2026, une publication relayée sur le réseau social affirmait qu’un jeune avait été tué par la police. Accompagné d’une photo montrant un visage ensanglanté, le message appelait à déclencher des émeutes.

En quelques minutes, une cinquantaine de jeunes ont répondu à cet appel. Le visage dissimulé sous des capuches, ils se sont rendus dans le centre-ville où plusieurs dégradations de mobilier urbain ont été commises. Les forces de l’ordre sont rapidement intervenues pour éviter une escalade des violences. 

Quatre jeunes ont été placés en garde à vue. Parmi les personnes interpellées figure notamment un jeune homme qui transportait une bouteille d’essence, selon les autorités.

Témoin de la scène, Sébastien, serveur dans un bar du centre-ville, dit avoir été frappé par le très jeune âge des participants. "C’est inquiétant, c’était vraiment des jeunes de 10 ans. Je les ai vus passer, ils couraient, ils avaient 10 ou 12 ans, ils étaient très jeunes", raconte-t-il.

Un message envoyé depuis la Grande-Bretagne

Pour Sylvain André, du syndicat Alliance Police nationale, cet épisode illustre la rapidité avec laquelle une fausse information peut provoquer des passages à l’acte.

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"C’est suivi, c’est là le problème de ces réseaux sociaux. C’est que c’est suivi, c’est pris au sérieux par une certaine frange de la population. Et on débarque dans le centre-ville pour répondre à cet appel. Donc on dit dégrader, on va dégrader. Si demain on appelle à tuer, qu’est-ce qui va se passer ? Est-ce qu’on va aller tuer aussi les gens ?", s’interroge-t-il.

Les enquêteurs sont parvenus à remonter la trace du message à l’origine de la mobilisation. Selon les policiers, celui-ci aurait été diffusé depuis la Grande-Bretagne.

Le phénomène rappelle celui des "link-up", ces rassemblements organisés via les réseaux sociaux qui se multiplient depuis plusieurs mois outre-Manche. Ces rendez-vous attirent parfois des centaines d’adolescents, venus soit pour faire la fête, soit pour commettre des dégradations. 

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