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Sébastien Delogu inéligible ? Le procès du député insoumis dans l'affaire des documents privés volés renvoyé au mois d'octobre

Le député insoumis est jugé pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël. Il encourt cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende, et une peine complémentaire d'inéligibilité.

Sébastien Delogu à Marseille le 14 janvier 2026

Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Le tribunal correctionnel de Marseille a renvoyé au mois d’octobre le procès de Sébastien Delogu. Le député insoumis devait être jugé ce mardi 9 juin pour avoir publié sur les réseaux sociaux des documents personnels visant un entrepreneur, auquel il reprochait des liens avec Israël.

Sébastien Delogu ne s'est pas présenté à l'audience. Considérant le retard de courrier dans ce dossier, pour lequel les parties n'ont été convoquées qu'en mai, le tribunal a jugé "légitime" la demande de renvoi et ordonné un nouvel audiencement le 21 octobre. Me Yones Taguelmint, l'avocat de Sébastien Delogu, a plaidé le manque de temps, d'autant que depuis qu'il a reçu la convocation en mai, "plusieurs procédures en parallèle sont intervenues concernant Sébastien Delogu".

Fin mai, le député aux positions ouvertement propalestiniennes a porté plainte contre un homme pour l'avoir insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête. Il sera aussi entendu le 7 juillet en tant que victime dans une autre affaire: en octobre 2025, il avait été harcelé, insulté et menacé sur Instagram par un Marseillais.

Me Taguelmint a assuré qu'il n'y avait "pas de manoeuvre dans cette demande, on aurait pu invoquer l'immunité parlementaire", a encore plaidé l'avocat, assurant de la volonté de Sébastien Delogu d'assister à son procès. Les conseils de la partie civile, l'ex-responsable du Crif à Marseille Isidore Aragones, ont remarqué que "Monsieur Delogu a préféré préparer les dossiers dans lesquels il est victime".

Des faits qui remontent à septembre 2024

Dans le dossier où il est poursuivi, Sébastien Delogu encourt cinq ans de prison et 750.000 euros d'amende. Il risque également une peine complémentaire d'inéligibilité: il est accusé de recel de biens provenant d'un vol, et divulgation d'informations personnelles permettant d'identifier ou de localiser une personne et exposant un risque direct d'atteinte à la personne, et atteinte au secret des correspondances.

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Les faits remontent au 19 septembre 2024, en plein conflit social dans la société Laser Propreté, en charge du nettoyage de la gare Saint-Charles et du réseau de transports marseillais.  Le dirigeant de la société, Isidore Aragones, ex-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de Marseille, voit s'introduire dans son bureau des représentants du personnel et des salariés, se plaignant notamment de ne pas percevoir l'intégralité de leurs salaires.  

Quand ils repartent, il réalise qu'une pochette lui a été volée. À l'intérieur : son passeport et celui de son épouse, un devis pour un voyage à l'étranger, et d'autres documents privés. 

Cinq jours plus tard, Sébastien Delogu, qui soutenait les grévistes de Laser Propreté, diffuse sur son compte Instagram "une grande partie des documents dérobés à Isidore Aragones, évoquant ses liens avec l'État d'Israël, ainsi que ses projets financiers personnels", selon le parquet. Dans ses messages sur les réseaux sociaux, M. Delogu ironisait sur le coût des voyages de Isidore Aragones au Brésil et en Israël et des travaux prévus dans une résidence secondaire, évoquant aussi le soutien de l'ex-avocat à l'armée israélienne. 

Le député insoumis déjà condamné en 2023 à Marseille

Sébastien Delogu a déjà été condamné en 2025 pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille. 

Fin mai, il a porté plainte contre un homme qui l'aurait insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête.  

Candidat malheureux à la mairie de Marseille, Sébastien Delogu a été ciblé durant la campagne des municipales par une campagne "d'ingérence numérique" dans laquelle seraient impliquées des officines israéliennes, avait indiqué à l'AFP une source informée, confirmant des informations parues dans les quotidiens français Libération et israélien Haaretz. 

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