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Un agent de la police municipale (illustration).
Crédit : AFP / Archives, Georges Gobet
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Le parquet de Carcassonne a ouvert une enquête pour des propos racistes, sexistes et complotistes tenus lors d'une patrouille de policiers municipaux en novembre 2025, selon une information de Midi Libre confirmée par RTL ce mercredi 9 septembre. L'un des agents, qui avait participé au service d'ordre d'un déplacement à Carcassonne du président du Rassemblement national Jordan Bardella, a été "immédiatement suspendu de ses fonctions bénévoles", a annoncé le parti d'extrême droite.
Ces images ont été captées accidentellement par la caméra piéton d'un des quatre policiers. Les propos racistes s'y succèdent : "Ils roulent vite, ces bougnes, hein ? Hier, ils étaient sur un chameau, aujourd'hui une voiture...", déclare notamment l'un des agents. À un moment, ils reçoivent l'appel d'une administrée qui dit avoir percuté un animal avec sa voiture. "J'espère que c'est pas un gamin, ou quelqu'un, qu'elle a percuté", s'inquiète l'un des policiers.
"Non, c'est peut-être un migrant, un petit Kirikou", lui répond le policier qui prend le plus la parole, avant d'ajouter en imitant un accent africain: "Kirikou dans la savane, il est percuté, il est venu en France, il est percuté par un véhicule." Les mots "bicots" et "nègres" y sont également utilisés.
Après avoir visionné une vidéo sur la guerre d'Algérie, il commente : "Et alors ? On a niqué des bougnoules, on a niqué des bougnoules ! Et eux, combien de soldats ils ont niqué ? (...) Après, où commence la torture ?" Il critique aussi les discours anticolonialistes, évoquant le fait historique selon lequel certains peuples africains ont contribué à l'asservissement par les Européens d'autres peuples. "Entre tribus, ils se vendaient, ces singes", lance-t-il. Enfin, dans une tirade homophobe, il relaie la théorie complotiste selon laquelle Brigitte Macron serait une personne trans. "On essaye de cacher ça au monde entier", dit-il. Des appels au coup d'État y sont également proférés.
"Les propos à caractère raciste qui y sont tenus sont inacceptables", peut-on lire dans un communiqué de la ville de Carcassonne, obtenu par RTL. Le maire Christophe Barthès, ancien député RN, "et l'ensemble de la municipalité les condamnent sans aucune réserve". "Des procédures seront engagées et les sanctions seront à la hauteur de la gravité des faits", promettent-ils encore, insistant sur le fait que les faits se sont tenus sous la précédente mandature.
Toujours selon Le Midi Libre, la vidéo était déjà connue en interne et nourrissait les rumeurs. Le policier municipal principalement mis en cause, proche de l'actuel maire, a repris ses fonctions juste après les élections municipales, à l'issue d'un arrêt maladie. "Si le maire a été mis au courant de ces agissements et n'a pas agi, c'est un deuxième scandale dans cette affaire", déclare auprès de RTL Alix Soler-Alcaraz, élu d'opposition à Carcassonne. L'ancienne municipalité avait lancé une enquête administrative.
Le policier municipal, âgé de 50 ans et ancien militaire du 3e RPIma de Carcassonne, avait profité de son arrêt maladie pour assurer la sécurité rapprochée de Jordan Bardella dans l'Aude et l'Hérault lors de la campagne des municipales. La direction du RN annonce ce mercredi que le policier qui tient les principaux propos incriminés "est immédiatement suspendu de ses fonctions bénévoles au service d'ordre du parti. Une procédure d'exclusion est également immédiatement enclenchée." "On ne peut pas tolérer ça", a par ailleurs réagi auprès de l'AFP Louis Alliot, maire RN de Perpignan et vice-président du parti. "Ces gens-là sont des irresponsables dangereux. Ils jettent la suspicion sur l'ensemble du corps de la police municipale. C'est évidemment un cas isolé", a-t-il assuré.
L'affaire a provoqué une vague d'indignation au sein de la classe politique. La ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé sur RMC des propos "absolument inacceptables", qui constituent selon elle un "délit", et a regretté "une libération de la parole raciste" en France.
"Que ceux qui passent leur temps à dédiaboliser le Rassemblement national ouvrent les yeux : rien n'a changé dans ce parti infesté par le racisme et le fascisme", a lancé sur X le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard.
La présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, s'est dite sur X "écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne", et a appelé à des sanctions.
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