2 min de lecture Justice

Procès France Télécom : peines maximales requises contre l'entreprise et Didier Lombard

Le parquet a demandé 75.000 euros d'amende contre France Télécom, et un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende contre les anciens dirigeants de l'entreprise dont l'ex-PDG Didier Lombard.

L'ancien PDG de France Telecom, Didier Lombard, lors du premier jour de son procès pour harcèlement moral, le 7 mai 2019
L'ancien PDG de France Telecom, Didier Lombard, lors du premier jour de son procès pour harcèlement moral, le 7 mai 2019 Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Eleanor Douet
Eléanor Douet
et AFP

Le parquet a requis vendredi 5 juillet les peines maximales contre France Télécom et ses ex-dirigeants, dont l'ancien PDG Didier Lombardjugés pour "harcèlement moral", dix ans après plusieurs suicides de salariés. "Les peines prévues par la loi à l'époque des faits sont très faibles. On ne peut que demander le maximum", a déclaré la procureure Brigitte Pesquié.

Le parquet a donc demandé 75.000 euros d'amende contre France Télécom, première entreprise du CAC 40 à être jugée pour "harcèlement moral", et un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende contre l'ex-PDG Didier Lombard, l'ex-numéro 2 Louis-Pierre Wenès et l'ex-DRH Olivier Barberot.

Contre les quatre responsables qui étaient jugés pour "complicité de harcèlement moral", le parquet a requis huit mois d'emprisonnement et 10.000 euros d'amende.

"Ce qui est hors norme (dans ce dossier), c'est un harcèlement (érigé en) stratégie dans une des plus grandes sociétés du pays", a déclaré la procureure. C'est "le dossier le plus grave de harcèlement moral que j'ai eu à voir", a ajouté la magistrate, à l'issue d'un réquisitoire à deux voix qui a duré cinq heures.   

Le dossier le plus grave de harcèlement moral que j'ai eu à voir

La procureure Brigitte Pesquié
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Didier Lombard, Louis-Pierre Wenès et Olivier Barberot, "les chefs incontestés de la politique d'entreprise manageriale (...) peuvent qualifier leur agissement ainsi : le harcèlement moral est mon métier", a auparavant déclaré la procureure Françoise Benezech. "L'obsession" du départ en trois ans de 22.000 salariés et de la mobilité de 10.000 personnes "est devenue le cœur de métier des dirigeants de France Télécom", a-t-elle estimé.

France Télécom, rebaptisé Orange en 2013, était devenu à la fin des années 2000 le symbole de la souffrance au travail. Il y a dix ans, l'entreprise faisait la une des médias alors que plusieurs salariés se suicidaient en laissant des courriers accablants contre leur employeur. Le tribunal a analysé les cas de trente-neuf parties civiles, retenues par les magistrats instructeurs. Parmi elles, dix-neuf se sont suicidées.

Au cœur du procès, qui s'intéresse à la période 2007 - 2010: les plans Next et Act, qui visaient à transformer France Télécom en trois ans, avec notamment cet objectif de 22.000 départs et 10.000 mobilités sur un total de 120.000 salariés.  

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