3 min de lecture Justice

Procès de l'attaque de pompiers : "J'ai bien cru mourir", témoigne une victime

DOCUMENT RTL - Trois hommes comparaissent depuis vendredi dernier devant les assises de Haute-Savoie pour tentative de meurtre sur des pompiers en intervention. Les faits s'étaient déroulés à Duingt en juin 2015. Deux d'entre eux témoignent en exclusivité pour RTL.

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01 - Témoignage d'Éric, pompier agressé. Crédit Image : AFP / LOIC VENANCE | Crédit Média : Serge Pueyo | Durée : | Date :
Serge Pueyo et La rédaction numérique de RTL

"On aurait dit une scène de guerre". C'est en ces termes que parle aujourd'hui encore un des pompiers victimes d'une violente agression. L'affaire avait fait la Une de l'actualité à l'époque et provoqué un vif émoi jusqu'au plus haut sommet de l'État. Nous sommes le 24 juin 2015 lorsque trois jeunes délinquants qui souhaitent"finir" le blessé qui se trouve dans une ambulance de pompiers, sans doute pour une histoire de trafic de drogue, attaquent le véhicule en pleine nuit alors qu'il roulait vers l’hôpital d'Annecy (Haute-Savoie). 

Un des assaillants tire alors avec une arme à feu sur un pompier. La balle frôle sa tête, puis les trois hommes incendient l'ambulance. Le véhicule, qui contenait des bouteilles d'oxygène, explose alors. Les trois assaillants ne s'arrêtent pas là dans ce déchaînement de violence puisqu'ils sont ensuite revenus à la charge en tentant d'écraser les pompiers qui s'étaient réfugiés au bord de la route, en leur fonçant dessus avec leur voiture. Un des pompiers s'est jeté in extremis dans le fossé et s'est cassé le bras.
 
Les trois pompiers se sont vus mourir ce jour-là. Le blessé de l'ambulance avait été sauvé des flammes par un chauffeur routier qui arrivait à ce moment-là. Trois hommes comparaissent depuis vendredi dernier devant les assises de Haute-Savoie pour tentative de meurtre. Les trois victimes de cette attaque témoigneront ce mercredi 13 décembre devant la cour d'assises. Ces pompiers n'avaient jamais parlé, deux d'entre eux s'expriment pour la première fois sur RTL.

On voit sa vie défiler (...), j'ai deux gamins.

Éric, pompier victime d'une violente agression en juin 2015.
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Éric, le chef d'équipe des pompiers qui a été visé par le tir d'arme à feu des assaillants et qui a failli être écrasé, raconte le déroulé de cette violente attaque. "On aurait dit une scène de guerre", explique le pompier. Un agresseur lui tire dessus et Éric "ressent quelque chose passer dans ses cheveux". "Suite au tir de pistolet, j'ai donné l'ordre de quitter les lieux et de se mettre en sécurité. L'ambulance était en feu", explique le chef d'équipe.

Les agresseurs reviennent alors une deuxième fois. "J'étais dos à la route. Mon collègue me crie qu'il voit la voiture tenter de nous écraser. Si mon collègue était pas là, à l'heure d'aujourd'hui je serais pas là. On voit sa vie défiler, je suis marié, j'ai deux gamins", confie ému celui qui a aujourd'hui du mal à exercer son métier comme avant. 

On n'est pas des cibles !

Éric, pompier victime de l'attaque.
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"C'est très compliqué de vivre avec ça, je travaille pas comme avant. Jusqu'à quand on va laisser monter cette violence ?", s'interroge le pompier. "Nous sommes là pour porter secours et non pas se faire tirer dessus. On n'est pas des cibles, on est que là pour porter assistance !", s'insurge-t-il. 

Coralie, 36 ans, est la seule femme pompier du groupe. Elle se rappelle avec émotion la nuit de l'agression. "C'est parti très vite. Des hommes masqués ont surgi pour nous tirer dessus", confie-t-elle. "L'ambulance était en feu quand ils sont revenus nous foncer dessus, on  s'est réabrités et là on a entendu l'ambulance exploser. C'était vraiment sorti d'un film d'horreur", se souvient la femme pompier. 

Des événements qui ne cessent de la hanter deux ans après les faits. "J'ai bien cru mourir", explique Coralie. "J'ai encore du mal à réaliser. Ça a beaucoup d'impact sur ma vie. J'ai été suivie par un psychologue. Je suis toujours pompier mais c'est pas toujours évident", avoue la jeune femme. Des craintes ressenties au quotidien.

Coralie assure "ne pas être là pour se faire tirer dessus"

"On se méfie beaucoup. On se pose beaucoup de questions alors qu'avant on y allait sereinement en se disant que c'était notre boulot, mais maintenant on se dit 'on va mourir et tant pis faut protéger les gens'". La pompier veut que les violences cessent. Elle assure "ne pas être là pour se faire tirer dessus".

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