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Procès de Francis Heaulme : la crédibilité d'un témoin surprise questionnée

Les propos d'un témoin surprise à la veille du procès de Francis Heaulme, sont mis à mal par l'avocat d'Henri Leclaire, l'homme qu'il accuse d'avoir commis le crime.

Henri Leclaire, ici en avril 2002, est accusé par un témoin d'avoir participé au meurtre de Montigny-les-Metz.
Henri Leclaire, ici en avril 2002, est accusé par un témoin d'avoir participé au meurtre de Montigny-les-Metz. Crédit : AFP PHOTO / PHILIPPE MERLE
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Le témoin surprise qui a laissé entendre, 28 ans après le double meurtre de Montigny-lès-Metz, que l'auteur n'est pas Francis Heaulme, dont le procès débute lundi, n'est pas crédible, selon l'avocat d'Henri Leclaire, l'homme qu'il accuse.

L'ancien conducteur de train a déclaré avoir vu un homme ensanglanté près du lieu du crime, au moment des faits. Il l'identifie comme Henri Leclaire. "La crédibilité d'un témoin comme celui-ci est nulle. On ne voit pas comment on peut accorder une crédibilité à quelqu'un qui se serait tu au lendemain du jour où on a découvert des enfants à Montigny-lès-Metz, qui se serait également tu lorsqu'on a condamné Patrick Dils, un mineur à l'époque, à la perpétuité", a déclaré à l'AFP l'avocat d'Henri Leclaire, Me Thomas Hellenbrand.

Il va falloir qu'il nous dise d'où il sort, pourquoi il s'est tu pendant autant d'années.

Me Thomas Hellenbrand
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Les deux hommes devront tous deux témoigner le 8 avril prochain comme simples témoins devant la cour d'assises de la Moselle, qui verra comparaître Francis Heaulme dans le box des accusés pour le double meurtre de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, tués à coups de pierre le 28 septembre 1986.

"J'aimerai bien l'avoir en face de moi lors d'un procès", a ajouté le pénaliste. "Il va falloir qu'il nous dise d'où il sort, pourquoi il s'est tu pendant autant d'années".

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Retraité de la SNCF, ce témoin de dernière minute assure avoir vu, depuis sa locomotive, un homme "petit et trapu", portant un t-shirt blanc "tâché de sang" courir le long des voies ferrées, à l'heure et à proximité des lieux du crime, le 28 septembre 1986. Selon lui, l'homme qu'il aurait vu ce jour-là ne serait pas Francis Heaulme, mais Henri Leclaire, le premier suspect à avoir été placé en garde à vue dans cette affaire.

Aveux puis dénégations

Manutentionnaire d'une société implantée à proximité des voies ferrées, Henri Leclaire avait avoué le double meurtre avant de se rétracter, puis avait été mis hors de cause par un arrêt de la chambre de l'instruction en 2013.

"Mon client bénéficie comme tout citoyen de la présomption d'innocence, que je trouve gravement entachée. On écoutera avec attention ce témoin et s'il y a lieu, on le poursuivra, comme on engagera des poursuites contre tous ceux qui propageront la rumeur", a prévenu Me Hellenbrand, qui n'a pas encore eu son client au téléphone. 

"Je vais le rassurer. C'est peu sérieux, risible même. Ça me semble peu inquiétant pour lui", a-t-il dit, estimant par ailleurs que cette affaire a "en grande partie cassé la vie" de son client, âgé aujourd'hui d'une soixantaine d'années et vivant toujours à Montigny-lès-Metz. "Il attend avec impatience que tout cela se termine", a poursuivi l'avocat.

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