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Présidentielle 2017 : la plainte d'Anticor envers plusieurs candidats classée sans suite

Le parquet de Paris a classé sans suite, jeudi 20 septembre, la plainte de l'association anti-corruption qui demandait une enquête pour "vérifier la transparence et la probité des comptes" de campagne de Macron, Hamon, Mélenchon et Le Pen.

Emmanuel Macron lors de son meeting à la Bercy Arena en avril 2017 lors de la campagne présidentielle
Emmanuel Macron lors de son meeting à la Bercy Arena en avril 2017 lors de la campagne présidentielle
Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
Clémence Bauduin
Journaliste

Des infractions "non constituées". C'est sur cette base que le parquet de Paris a décidé de classer sans suite, jeudi 20 septembre, la plainte de l'association Anticor qui demandait une enquête au sujet de comptes de campagne de certains candidats à la présidentielle 2017, pour "vérifier la transparence et la probité des comptes". Les quatre concernés sont Emmanuel Macron, Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

Anticor avait dénoncé en juin une série de remises, avantages ou surfacturations suspectes, mais le ministère public estime, après avoir reçu des précisions de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP), que les infractions visées n'"apparaissent pas constituées", selon la lettre de 11 pages adressée à l'association par le procureur François Molins et dont a eu connaissance l'AFP.

Ce classement ne concerne pas certaines dépenses de Jean-Luc Mélenchon, déjà visées par une enquête préliminaire ouverte à Paris après un signalement en avril de la même commission, ni une soirée électorale d'Emmanuel Macron qui fait l'objet depuis fin juin d'une enquête à Lyon. 

Le parquet a donné une réponse qui agit comme un bouclier de la commission des comptes de campagne

Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor

"Le parquet a donné une réponse circonstanciée, juridique, mais qui agit comme un bouclier de la commission des comptes de campagne. Il s'agit d'une fausse réponse juridique qui ne s'appuie que sur des éléments transmis par la commission, sans autres investigations complémentaires et contradictoires", a réagi auprès de l'AFP Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor.

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Dans sa plainte déposée le 14 juin, Anticor dénonçait de possibles "tentatives de détournements de fonds publics", "abus de confiance", "abus de bien sociaux" et violation du principe d'égalité entre les candidats. L'association anti-corruption s'appuyait sur le travail de médias - dont Mediapart, Le Monde et Radio France - qui accusaient principalement la campagne de l'actuel président d'avoir bénéficié de "prix cassés" et de "ristournes cachées", en particulier pour les locations de lieux de meeting et de matériel.

Des soupçons de fraude insuffisants

Le parti d'Emmanuel Macron avait reproché à la presse de "monter en épingle des pseudo-révélations". Les médias avaient soulevé ces interrogations en analysant certaines dépenses que l'autorité administrative de contrôle avaient rejetées ou finalement approuvées après des échanges contradictoires avec les candidats, étape nécessaire avant la décision sur le remboursement par l'État de leurs frais de campagne. 

Le 19 juillet, la CNCCFP, après avoir été sollicitée par le parquet, a répondu et expliqué sa position sur chacune des dépenses épinglées par Anticor et les médias concernant Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Marine Le Pen, celles de Jean-Luc Mélenchon ayant déjà été dénoncées par elle-même en avril. 

Sur cette base, le parquet conclut notamment que les rectifications de la commission et les demandes d'explications qu'elle a formulées aux candidats ne suffisent pas à faire soupçonner une tentative de fraude, a indiqué une source proche du dossier. Encore faut-il que les irrégularités semblent présenter un caractère "systématique" ou délibéré ou qu'apparaisse "une possible volonté de tromper la commission", estime le ministère public dans son courrier.

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