2 min de lecture Gaston Flosse

Polynésie française : Flosse jugé dans des affaires "d'espionnage"

L'ancien président de la Polynésie française est soupçonné d'avoir espionné des journalistes, opposants et ses compagnes.

L'ancien président et sénateur de la Polynésie française Gaston Flosse, le 25 juillet 2014 (archives).
L'ancien président et sénateur de la Polynésie française Gaston Flosse, le 25 juillet 2014 (archives). Crédit : GREGORY BOISSY / AFP
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et AFP

Le procès de Gaston Flosse pour des affaires d'"espionnage" présumé par un service de la Présidence a débuté ce lundi 23 mars devant le tribunal correctionnel de Papeete. L'ancien Président et sénateur (UMP puis DVD) de la Polynésie française  est soupçonné de complicité par fourniture d'instructions d'atteintes à la vie privée, de détention, diffusion de documents portant atteinte à la vie privée, et de soustraction, détournement ou destruction de biens d'un dépôt public alors qu'il présidait la Polynésie française, entre 1997 et 2004.

Tous ces chefs d'inculpation sont liés au SED, le Service d'Études et de Documentation de la présidence du gouvernement local, qui avait à l'époque une activité de renseignement. L'enquête a démontré que des journalistes, des opposants politiques et même des compagnes de Gaston Flosse avaient été pris en filature, photographiés, et leurs conversations enregistrées à leur insu. Ce service, créé en 1997, était dirigé par deux anciens agents des services secrets français. Les deux hommes, ainsi que l'ancien directeur de cabinet de Gaston Flosse, comparaissent aussi.

Le plaignant est le journaliste Alex Du Prel, qui dirige le mensuel local Tahiti Pacifique Magazine. La juriste Annie Rousseau, également plaignante, a été déboutée. L'opposant historique de Gaston Flosse, Oscar Temaru, et l'avocat Stanley Cross avaient aussi porté plainte en 2005, avant de les retirer, sans explications.

Une cellule d'espionnage de 5 à 6,7 millions d'euros

Le chef de destruction de biens d'un dépôt public est lié à la disparition des archives du SED, après la défaite de Gaston Flosse aux élections territoriales de 2004. "Cette cellule d'espionnage mise à la disposition de Gaston Flosse et de son directeur de cabinet a quand même coûté 600 millions de francs Pacifique au contribuable selon la Chambre Territoriale des Comptes, 800 millions selon mes calculs (5 millions et 6,7 millions d'euros, NDLR), à la communauté" a déclaré Alex Du Prel à la presse locale.

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"Le renseignement politique n'est évidemment pas prohibé" a affirmé l'avocat de Gaston Flosse. Pour Me François Quinquis, le dossier est "prescrit" et relève d'une "instrumentalisation judiciaire" pour "ternir" Gaston Flosse qui a déjà condamné dans plusieurs affaires, purge depuis septembre une peine de trois ans d'inéligibilité qui lui a fait perdre tous ses mandats. Il conserve cependant la tête du premier parti politique local, le Tahoeraa Huiraatira, et une forte influence.

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