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Patrick Balkany condamné à de la prison ferme sans mandat de dépôt dans deux dossiers de détournements de fonds publics

Le tribunal correctionnel de Nanterre a rendu jeudi 28 mai sa décision dans le procès de l'ancien maire de Levallois-Perret, jugé en avril dans deux affaires distinctes de détournement de fonds publics et emploi présumé fictif.

Patrick Balkany, le 15 juin 2023

Crédit : Matthieu Mirville / DPPI via AFP

AFP

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Le tribunal correctionnel de Nanterre a rendu jeudi 28 mai sa décision dans le procès de l'ancien maire de Levallois-Perret Patrick Balkany, à respectivement 15 mois d'emprisonnement ferme et trois ans ferme mais sans mandat de dépôt, dans deux dossiers distincts de détournements de fonds publics.


L'ex-édile de 77 ans avait été jugé du 7 au 10 avril. Il n'était pas présent au délibéré pour cause d'hospitalisation, selon son avocat Me Robin Binsard. Le tribunal a également condamné l'ex-baron de la droite francilienne à, respectivement, 350.000 et 500.000 euros d'amende ainsi que dix ans d'inéligibilité et l'interdiction d'exercer une activité dans la fonction publique pendant cinq ans.

Il n'a toutefois pas prononcé de mandat de dépôt "compte tenu de l'âge" de Patrick Balkany. Me Binsard a indiqué qu'il comptait faire appel de ces deux décisions.

"Un discours inchangé au fil des audiences"

La présidente du tribunal, Céline Ballerini, a souligné que "les faits n'étaient pas dérisoires comme a tenté de l'indiquer M. Balkany". Pour la magistrate, ils montrent au contraire "la légèreté avec laquelle les élus de la République peuvent s'affranchir des règles et des lois" qu'ils sont censés faire observer. Elle a par ailleurs regretté qu'en dépit de ses condamnations passées, Patrick Balkany ait gardé "un discours inchangé au fil des audiences".

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Dans la première affaire, il avait comparu pour avoir utilisé les fonds d'une association subventionnée par la ville, la Codeeil, afin d'assurer un complément de revenus à son ex-directeur du développement économique, Renaud Guillot-Corail, décédé en 2020. Dans le second volet, examiné pendant trois jours, il avait été jugé pour avoir affecté, entre 2010 et 2015, des policiers municipaux à des tâches personnelles, notamment comme chauffeurs privés.

Le procureur avait qualifié Patrick Balkany de "démiurge omnipotent" ayant, "par le fait du prince", détourné trois policiers municipaux de leurs fonctions pour en faire des "larbins", des "hommes à tout faire" et "quasiment des domestiques". Me Binsard avait plaidé la relaxe, dénonçant "une purge" et raillant les lacunes de l'instruction. 

Pour rappel, Patrick Balkany a déjà été condamné dans plusieurs autres affaires, notamment en 2023 avec son épouse Isabelle pour avoir dissimulé 13 millions d'euros au fisc. En avril, la cour d'appel de Rouen a confirmé sa libération conditionnelle pour les 15 mois de prison qu'il lui reste à purger dans ce dossier. Il a par ailleurs fait cinq mois de détention en 2019-2020, puis à nouveau six mois en 2022.

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