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Mutinerie ou simple "refus de réintégrer" : que s'est-il passé à la prison de Grenoble-Varces, dans l'Isère ?

Des détenus ont refusé de regagner leurs cellules jeudi 29 octobre au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces. Les ÉRIS sont intervenues en début de soirée et le calme est revenu sans faire de blessé.

Une photo prise le 4 juillet 2018 montre des déchets suspendus à des barbelés dans la cour du centre pénitentiaire de Grenoble-Varces, à Varces-Allières-et-Risset.

Crédit : JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Jérémy Descours

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Que s'est-il passé ce jeudi 29 octobre au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces, implanté à Varces-Allières-et-Risset (Isère) ? En fin d'après-midi, un groupe de détenus a refusé de regagner les cellules après la promenade. La mutinerie a nécessité l'intervention des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ÉRIS). Le calme est finalement revenu dans la soirée. Aucun blessé n'est à déplorer selon l'administration pénitentiaire.  

D'après le préfet de l'Isère, cité par Ici Grenoble, le refus de réintégrer les cellules a commencé autour de 16h30. Face à cette situation confuse, les autorités ont décidé de déployer les ÉRIS en début de soirée, vers 18h30. 

Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux, prises semble-t-il depuis l'intérieur du bâtiment, on distingue plusieurs détenus présents dans la cour au moment de l'intervention. On voit ensuite les prisonniers se regrouper contre un mur, mains en l'air, éclairés par les puissantes lampes de la brigade d'intervention.

La Chancellerie conteste toute "mutinerie"

La Chancellerie, elle, conteste le mot de "mutinerie". Auprès de RTL, sa porte-parole parle d'un "refus de réintégrer" et insiste sur le fait que "le reste de la détention était calme". Selon cette même source, les détenus concernés ont regagné leurs cellules peu après l'arrivée des ÉRIS et "aucun incident n'a été constaté lors de cette réintégration". 

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Un détenu présenté comme étant à l'origine du mouvement a été placé au quartier disciplinaire. La porte-parole ajoute qu'"aucun détenu n'a exprimé de revendication particulière".

Reste que cet épisode survient dans une prison déjà sous forte tension. Cet été, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté a publié des recommandations en urgence sur l'établissement de Grenoble-Varces. 

Dans son rapport, il évoque une situation "extrême et inédite". L'autorité indépendante décrit une prison de 266 places qui hébergeait 478 personnes au 1er avril 2026, soit un taux d'occupation global de 179%, allant jusqu'à 209% dans le quartier maison d'arrêt pour hommes.

Une situation qui s'aggrave

Le rapport insiste aussi sur l'aggravation de la situation, déjà jugée grave lors d'une précédente visite en juillet 2023. "Plus d'un tiers des détenus sont enfermés à trois en cellule avec un matelas à terre", ajoute-t-il. Le contrôleur estime que "de telles conditions sont manifestement incompatibles avec les standards internationaux".

Il poursuit en décrivant un établissement où "la présence des agents en coursive n'est pas garantie" et où certains étages restent "sans surveillance", au point de "compromettre directement" "la sécurité des détenus et le bon fonctionnement de l'établissement". 

Il dénonce aussi un "état général des douches collectives (...) alarmant", des locaux "dévorés par des moisissures persistantes", la présence de "rongeurs", de "blattes" et une "odeur pestilentielle". Enfin, "les violences entre détenus sont omniprésentes", avec un risque "réel" d'"incident mortel". Pour le contrôleur, la situation "porte atteinte à la dignité" et "viole l'interdiction des traitements inhumains ou dégradants".

Comme le révélait RTL le 2 octobre dernier, plus de 90.000 détenus sont enfermés dans les prisons françaises, d'après un comptage qui date du début du mois de septembre.

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