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Mort d'Elisa Pilarski : son compagnon Christophe Ellul condamné à 4 ans de prison avec sursis, le chien Curtis devra être euthanasié

Christophe Ellul est condamné par le tribunal correctionnel de Soissons pour homicide involontaire par agression d'un chien, après la découverte du corps sans vie de sa compagne de 29 ans en 2019. Le tribunal a estimé que la violence des faits et l’agressivité récurrente du chien Curtis justifient son euthanasie.

Elisa Pilarski et le chien de son compagnon, Curtis.

Crédit : Capture d'écran Facebook

Plana Radenovic & La rédaction numérique de RTL & AFP

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Le verdict est tombé. Le tribunal correctionnel de Soissons a condamné le compagnon d'Elisa Pilarski a 4 ans de prison avec sursis, a appris RTL ce jeudi 11 juin, une décision conforme aux réquisitions de la procureure en mars. Il devra aussi régler 90.000 euros de dommages et intérêts pour la mère de la jeune femme et 60.000 euros pour son frère. 

Devant une salle comble du tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), la présidente a rappelé les conclusions de l'enquête, mettant hors de cause les chiens d'une meute de chasse à courre présente le même après-midi dans la forêt où les faits se sont produits.

En revanche, Curtis, "issu de chiens de combat" et entraîné au mordant par Christophe Ellul, était "capable de causer seul par morsures le décès d'Elisa Pilarski". L'empreinte génétique de la victime a été relevée sur la babine supérieure de ce dernier, a souligné la présidente.

La cour a demandé l'euthanasie de Curtis, soulignant que ce pitbull, enfermé depuis les faits dans un chenil, est "hors de contrôle", ayant "mordu son propre maître" et une bénévole. "Le confier à une association reviendrait à nier ce qu'il a été capable de faire et ce qu'il pourrait encore faire: tuer", a martelé la présidente.

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Christophe Ellul a entraîné Curtis au mordant "depuis son plus jeune âge", ce qui "a eu pour conséquence un chien conditionné à l'attaque qui ne connaît pas d'autre signal d'arrêt que la force", a encore souligné le tribunal. La cour a ainsi suivi les réquisitions faites par le parquet lors du procès en mars.

La cour a suivi les réquisitions du parquet

Le 16 novembre 2019, Christophe Ellul avait découvert le corps sans vie de sa compagne de 29 ans, lardé d'une cinquantaine de graves morsures canines, dans une forêt au sud-ouest de Soissons. Elisa Pilarski était allée s'y promener avec l'un des chiens de son conjoint, Curtis, un American Pitbull Terrier. Quelques minutes avant sa mort, elle avait appelé à l'aide son compagnon.

Christophe Ellul a longtemps douté de la responsabilité de Curtis, mettant plutôt en cause des chiens de chasse à courre, présents autour du corps de la victime à son arrivée, selon lui. Une version finalement écartée par l'instruction et les diverses analyses, notamment ADN, toutes convergeant vers le seul Curtis.


Le tribunal correctionnel de Soissons devait aussi se prononcer sur trois circonstances aggravantes entourant cet homicide involontaire: l'importation illégale de Curtis en France, son dressage "au mordant" et l'absence de précaution de Christophe Ellul. Celui-ci n'avait en effet pris aucune mesure pour que sa compagne, femme fluette d'1,52 m pour 56 kilos et enceinte de six mois à l'époque, n'ait pas à s'occuper seule du molosse d'une vingtaine de kilos.

Cependant dans son réquisitoire, le parquet a demandé la requalification des faits en homicide involontaire simple, estimant que Christophe Ellul n'avait pas conscience du danger en dressant son chien et avait lui-même "énormément" souffert du décès de sa compagne.

Des pétitions pour la grâce du chien Curtis a plus de 100.000 signatures

Au deuxième jour de son procès, Christophe Ellul avait semblé accepter la démonstration par le tribunal de la responsabilité de son chien dans la mort d'Elisa Pilarski. Avant de se remettre à douter. C'est un homme "détruit", qui "ne peut plus réfléchir normalement", avait alors tenté d'expliquer son avocat, Me Alexandre Novion.

Le sort en suspens de Curtis, enfermé depuis les faits dans un chenil, a aussi suscité de vives réactions de plusieurs associations de défense des animaux. Plusieurs pétitions réclamant sa "grâce" ont été lancées sur les sites change.org et mesopinions.com à l'issue des réquisitions du parquet en mars. Elles totalisent plus 100.000 signatures cette semaine.

Aujourd'hui âgé de huit ans et demi, Curtis vit actuellement dans un box de quatre mètres carrés avec accès à une courette de six mètres carrés dans un chenil de Haute-Garonne.

Partie civile au procès, l'association de protection animale Les amis de Sam s'est proposée pour l'accueillir et lui éviter l'euthanasie. L'association estime qu'il pourrait être rééduqué et ainsi cesser d'être dangereux.

Mentionnée dans la pétition du collectif "Grâce pour Curtis", l'association AVA - Agir pour la vie animale a fait une proposition similaire. Un rassemblement de soutien au pitbull était par ailleurs prévu ce jeudi devant le tribunal de Soissons, à l'initiative de défenseurs de la cause animale.

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