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Stéphane Lecerf, surveillant à la prison de Valenciennes, délégué Ufap UNSA, invité 8h15.
Crédit : Franck Antson / RTL
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"Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait des loupés." Un des deux principaux syndicats de surveillants pénitentiaires, l'Ufap-Unsa, appelle lundi 27 avril à bloquer les prisons françaises pour demander des mesures d'urgence contre la surpopulation carcérale et les sous-effectifs. Surveillant pénitentiaire à la maison d'arrêt de Valenciennes (Nord), Stéphane Lecerf explique sur RTL compter 380 détenus pour 196 places seulement dans son établissement.
"Certains se sentent délaissés et cela créé de grosses tensions", témoigne-t-il, alors que plusieurs prisonniers sont contraints d'être sur des matelas au sol et des dossiers sont "faits à la va-vite". S'il ne dit pas avoir de boule au ventre avant d'aller travailler, ce surveillant pénitentiaire depuis 25 ans confie ressentir que "le rapport de force n'est plus du tout le même pour nous", lorsqu'il doit effectuer une tâche dans une cellule avec "trois personnes dans 9 m2". Le tout dans un bâtiment où il n'y a "pas d'eau chaude, des fuites et des champignons aux murs".
"Ils ont fait des conneries. Ok d'accord, mais il y a le minimum. C'est indigne, je ne mettrai même pas un chien là. On est inquiets car il peut se passer tout et n'importe quoi", s'indigne Christelle, dont le frère est enfermé à Béthune depuis deux mois, parlant de punaises de lit et d'un froid terrible en hiver.
"Tous les services sont concernés, les agents sont fatigués", affirme ce délégué Ufap-Unsa Justice, faisant état de professionnels entre 50 et 80 heures supplémentaires à Valenciennes. "On a des agents qui dépassent les 108 heures [la limite légale sur un trimestre] car c'est reporté sur les mois suivants…", ajoute-t-il. Une conséquence de la multiplication des missions.
Son syndicat réclame la création de 5.000 postes de surveillants : c'est ce qu'il faudrait, selon l'organisation, pour gérer des cellules pleines à craquer. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15.000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées. "On a toujours des promesses mais on ne voit jamais rien venir", regrette toutefois Stéphane Lecerf.
Dans l'administration pénitentiaire classique, on se sent par ailleurs "un peu mis de côté" en comparaison avec les prisons de haute sécurité lancées par le garde des Sceaux Gérald Darmanin (Vendin-le-Vieil et Condé-sur-Sarthe), "des vitrines" sur lesquelles le gouvernement communique grandement. À Valenciennes, un monte-charge est par exemple en panne six mois, dixit le syndicaliste.
Surveillants comme directeurs de prison alertent depuis des mois sur un système pénitentiaire au bord de l'explosion. Fin janvier, le Conseil de l'Europe avait dénoncé l'état de prisons françaises, surpeuplées et souvent insalubres, alertant sur le risque d'une évolution vers un "entrepôt humain".
Mois après mois, le record de surpopulation carcérale est battu. Selon les derniers chiffres officiels, le taux d'occupation global était au 1er mars de 137,5%, avec 87.126 détenus pour moins de 63.500 places. La France figure parmi les très mauvais élèves en Europe, seules la Slovénie et Chypre présentant des taux supérieurs mais avec des populations bien inférieures.
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