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Maroc : accusé d'être en lien avec le terrorisme, un Français condamné à 4 ans de prison

Thomas Gallay, un ingénieur de 36 ans avait été condamné en première instance à six ans de réclusion.

Thomas Gallay, condamné à 4 ans de prison au Maroc
Thomas Gallay, condamné à 4 ans de prison au Maroc
Crédit : http://soutien-thomas-gallay.com/fr_FR/
Léa Stassinet

"On lui reproche d'avoir donné 70 euros à une connaissance", déplore Béatrice Gallay, la mère de Thomas Gallay, un ingénieur français 36 ans, qui vient d'être condamné en appel par la justice marocaine. Installé  dans la ville d'Essouira depuis 2014, il est emprisonné depuis le 18 février 2016, jour les policiers marocains l'ont interpellé lors d'un coup de filet antiterroriste. Les autorités lui reprochent d'avoir donné 70 euros en trois fois à un homme qui se serait ensuite radicalisé

"Mon fils a juste voulu aider une personne dans le besoin. Par trois fois, il lui a donné un peu d'argent. La première fois parce qu'il voulait aller chez le dentiste. Une autre fois, c'était pour les obsèques d'un de ses proches. Et la troisième et dernière fois, c'était pour le dépanner car il n'était pas sûr de pouvoir payer son loyer", assurait la mère de Thomas Gallay au Figaro en février dernier. Lors d'un premier procès, en juillet 2016, son fils avait été condamné à six ans de prison pour "soutien financier" à des personnes ayant voulu perpétrer des actes terroristes

Condamné sur la base de "faux aveux" rédigés en arabe, qu'il ne parle pas

Selon ses proches, il aurait été condamné sur la base de "faux aveux", que la police lui aurait fait signer en arabe, alors qu'il ne parle pas la langue. Thomas Gallay affirme qu'après 12 jours de garde à vue sans avocat, les  policiers lui ont relu ses déclarations en français, lui indiquant que le document à signer en arabe n'était qu'une formalité pour sortir de prison. Il avait ensuite récusé le PV de ses aveux, martelant qu'il s'agissait de déclarations qu'il n'avait jamais faites. 

Son cas a été dénoncé par les associations, l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira lui a également apporté son soutien. La Fédération internationale des droits de l'homme et Amnesty international avaient dénoncé les "méthodes douteuses des policiers" dans ce dossier, en novembre dernier. C'est "une nouvelle illustration du fait que les tribunaux marocains considèrent les PV de police comme quasi-sacrés et ne cherchent que rarement à vérifier leur fiabilité", a réagi juste après le verdict l'organisation Human Rights Watch. De son côté, l'ambassade de France a fait savoir à plusieurs reprises que le ministère des Affaires étrangères suivait "avec attention" la situation du jeune homme "dans le respect de l'indépendance de la justice marocaine".  

Le procureur marocain dénonce "les mensonges de la presse étrangère"

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Lors du procès, le procureur marocain a affirmé dans son dernier réquisitoire que "toute la procédure a été faite dans le respect de la loi", et a évoqué "les mensonges de la presse étrangère". "Le Maroc fait face à la menace terroriste et tout l'appareil sécuritaire est mobilisé pour ça, a-t-il ajouté, affirmant que "de nombreux étrangers viennent au Maroc pour tenter d'y perpétrer des attentats ou nom de Daesh". 

Human Rights Watch attend désormais "des explications plus convaincantes" dans les attendus du verdict d'appel qui n'ont pas encore été délivrés. Si rien ne venait justifier la décision de la Cour d'appel du tribunal de Salé (près de Rabat, ndlr), "cela ne fera qu'aggraver l'injustice", dénonce l'organisation. 

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