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INFO RTL - Violences dans une crèche à Asnières-sur-Seine : les parents s'insurgent contre le classement sans suites de l'enquête

L'enquête a démarré début avril 2026, après l'alerte donnée par plusieurs parents de bébés de la crèche Les Petits chaperons rouges, à Asnières-sur-Seine. Ils ont dénoncé, témoignages et photos à l'appui, les violences commises par une auxiliaire-puéricultrice sur leurs enfants. Moins de deux mois plus tard, ils apprennent que l'enquête est classée sans suite, la mise en cause doit effectuer un stage de citoyenneté. Ils prennent la parole, effarés que cette professionnelle puisse à nouveau travailler au contact de jeunes enfants.

Des enfants dans une crèche (illustration)

Crédit : AFP / Loïc Venance

Plana Radenovic

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"Y., elle est rouge colère, elle a tapé." C'est par ces mots d'enfants que le petit garçon de C. l'a alerté, pendant plusieurs mois. Mais C. n'avait, regrette-t-elle aujourd'hui, "pas compris", parce que pour elle "c'était inconcevable". "Je croyais que mon fils tapait la puéricultrice et qu'elle se mettait en colère, elle, ensuite". Jusqu'à ce rendez-vous, début avril à la crèche Les Petits chaperons rouges, à Asnières-sur-Seine.

C'est la directrice qui la convoque, pour lui dire que six jours auparavant, Y. a donné "une grosse fessée" à son fils. Si grosse qu'une intérimaire témoin des faits a souhaité livrer son témoignage par écrit. L'auxiliaire-puéricultrice a été tout de suite mise à pied. C. à ce moment-là tombe de haut, raconte-t-elle à RTL, elle avait bien vu le gros bleu sur la fesse gauche de son bébé, mais elle croyait "qu'il était tombé, qu'il s'était cogné".


Elle prend en photo la trace, visible encore six jours plus tard. Et elle file porter plainte au commissariat d'Asnières. Les jours suivants, cinq autres familles sont convoquées de la même manière dans le bureau de la directrice, selon nos informations. 

Une employée soupçonnée d'avoir donné des fessées, tiré des cheveux, confisqué les doudous

Parmi elles, S., maman d'un petit garçon de 2 ans et demi aujourd'hui. "J'ai appris que Y. avait tiré les cheveux de mon fils". Un matin, peu avant le rendez-vous, S. a déposé son fils qui pleurait en voyant Y.. "Je lui ai dit en plaisantant, mais qu'est-ce que vous lui avez fait pour qu'il pleure comme ça? Si j'avais su..." 

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Plus globalement, d'après les témoignages des parents, appuyés par l'intérimaire et certains professionnels, Y. est soupçonnée d'avoir donné des fessées, tiré les cheveux, confisqué les doudous avant la sieste, sorti de table des enfants sans qu'ils aient mangé, ou d'avoir pincé des bébés. Et ce depuis septembre 2025, selon les témoignages.

Un classement sans suites sous condition

Quelle ne fut donc pas la surprise de Me Karen Noblinski, qui représente trois familles dans la procédure, lorsqu'elle a appris le classement sans suites de l'enquête, il y a quelques jours. Un classement sans suites sous condition, la puéricultrice doit effectuer un stage de sensibilisation.

Je m'interroge sur l'opportunité de classer sans suite tout en assortissant ce classement d'un stage

Me Karen Noblinski

"Je ne comprends pas, déplore l'avocate, spécialisée dans les dossiers de violences faites aux enfants. Nous avions un témoin direct, plusieurs témoignages, une photo... Je m'interroge sur l'opportunité de classer sans suite tout en assortissant ce classement d'un stage. Les faits étaient ou n'étaient pas caractérisés pour le parquet ? Notre vigilance doit être tout entière concernant les violences faites aux enfants." 

Contacté par RTL, le parquet de Nanterre confirme le classement sans suite sous condition, et confirme également que la condition est le stage de citoyenneté à effectuer, aux frais de la mise en cause. L'auxiliaire puéricultrice n'a aucun antécédent judiciaire, et au moment où la décision a été rendue, elle avait déjà été licenciée. Reste que désormais, elle pourra retravailler auprès de jeunes enfants, puisque la justice ne le lui interdit pas. Ce sera donc à son futur employeur de se renseigner sur son passé professionnel.

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