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INFO RTL - Ferme de cannabis et sacs Vuitton : un réseau franco-vietnamien démantelé

Info RTL Dix membres d'un réseau de trafiquants franco-vietnamiens ont été interpelés en région parisienne le 31 octobre. Au coeur de leurs activités : une ferme clandestine de 1200 pieds de cannabis située en Seine-et-Marne

Un plan de cannabis (illustration)
Un plan de cannabis (illustration)
Crédit : Don MacKinnon / AFP
Thomas Prouteau

Tout est parti d'un électricien vietnamien aux talents visiblement hors du commun. Le technicien avait réussi à installer une dérivation pirate et quasi-indétectable sur le réseau public pour alimenter un hangar anonyme où plus de 1200 pieds de cannabis, le long de la RN 4 en Seine-et-Marne. La culture des précieux plants est en effet très gourmande en électricité et le chef de l'opération voulait à la fois rester discret et diminuer ses coûts. 

L'installation électrique pirate et son concepteur n'ont pourtant pas échappé aux policiers de l'Ocriest, l'Office centrale pour la répression de l'immigration irrégulière, qui ont reçu un signalement en novembre dernier. Après des mois d'écoutes, de veille, et de filature, les enquêteurs ont pu identifier les principaux membres du réseau. Parmi eux, trois associés "propriétaires" de la ferme, avec à leur tête un Français d'origine vietnamienne d'une trentaine d'années. 

Le réseaux comptait également deux jardiniers vietnamiens sans titre de séjour, en situation irrégulière, qui visiblement devaient mettre pendant plusieurs mois leur savoir-faire au service du business clandestins pour rembourser leur acheminement en France. Une banquière, elle aussi, franco-vietnamienne qui assurait une partie du blanchiment du liquide issue de la vente des produits de la ferme, notamment en revendant à l'export des sacs de luxe, de marque Vuitton notamment, au Vietnam après les avoir achetés en cash. Et différents intermédiaires qui, en plus de la culture, importaient et exportaient des drogues de synthèse, MDMA et ecstasy.

4 kilos de MDMA, 400.000 euros de sacs de luxe

Lundi 31 octobre, soupçonnant une récolte imminente, l'Ocriest a déclenché les interpellations. Dans la ferme, les policiers assistés du RAID ont trouvé les deux jardiniers, hébergés et nourris sur place, au milieu de plus de 1.200 plans de cannabis prêts, en effet à être récoltés, pour une valeur marchande estimée à 60.000 euros minimum.

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Les enquêteurs ont également mis la main sur 4 kilos de MDMA. Au domicile de la banquière, une palanquée de sacs de grands couturiers ont également été saisis pour une valeur estimée à 400.000 euros. Et plus de 200.000 euros ont été gelés sur les différents comptes bancaires des membres du réseau. Les principaux membres sont décrits comme "des flambeurs" par les enquêteurs, amateurs de voitures de luxe et dilapidant leurs gains sans aucune discrétion.

Selon les estimations, des enquêteurs de l'Ocriest la ferme était conçue pour produire trois ou quatre récoltes par an.

À l'issue de leurs gardes à vue, où ma plupart ont reconnu les faits, dix personnes ont été mises en examen pour des motifs allant de la production sans autorisation de produits stupéfiants, à l'aide à l'entrée et au séjour irrégulier, en passant par le blanchiment aggravé et l'importation et l'exportation de stupéfiants. Sept d'entre eux ont été incarcérés en attendant les suites de l'information judiciaire ouverte par le parquet de Créteil.   

Anecdote notable : le principal suspect, soupçonné d'avoir mis en place l'ensemble du trafic, avait déménagé sa ferme de cannabis depuis l'Espagne il y a quelques mois. L'enquête française a donc été menée avec le soutien des policiers espagnols de l'Ucrif, l'équivalent de l'Ocriest en Espagne. Selon les conclusions des enquêteurs, c'est l'augmentation des prix du carburant, nécessaire aux groupes électrogènes qui alimentaient les installations en électricité, qui l'a poussé à déménager en France. En voulant diminuer ses coûts et piller l'électricité publique, le malfrat aura donc signé la mort de son juteux business.

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