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2 min de lecture
Un officier de la police judiciaire (photo d'illustration)
Crédit : Matthieu Delaty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Chercher, retrouver et remettre à la justice des fuyards qui ont été condamnés en leur absence ou ne se sont jamais présentés à leur convocation pour être incarcérés. C'est la mission de la Brigade des fugitifs de la préfecture de police de Paris. Vers 5h30 du matin, quand le soleil n'est pas encore levé, ils quittent généralement en voiture le siège de la police judiciaire parisienne pour tenter de surprendre les suspects au saut du lit.
"On se lève très tôt pour que les gens soient en général à leur domicile. Il y a l'effet de surprise aussi, ils sont plus calmes au réveil. Là, on se rend dans le 93 pour un individu, qui a commis des vols avec effraction sur des chantiers et a tenté de les escroquer. Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt pour un an de prison", raconte un membre de la brigade.
Quand ils arrivent devant son appartement au rez-de-chaussée, il faut se répartir : l'un des enquêteurs reste dehors en cas de fuite par la fenêtre et les trois autres se dirigent vers la porte. "Bonjour, c'est la police. Il est sorti ? Vous êtes sûre ? On va vérifier quand même", affirme un policier quand une femme lui dit que l'homme recherché n'est pas sur les lieux.
En réalité ? Il a maladroitement essayé de se cacher. "C'est positif ! Il s'était planqué sous une couette, derrière le canapé. Quand madame a ouvert, avec le bébé dans les bras, qu'elle faisait un peu opposition, on sentait qu'il y avait quelque chose. On n'a pas eu besoin de fouiller tellement", décrit un agent. Le fugitif est immédiatement ramené à la police judiciaire. Mais pas pour une garde à vue, car il a déjà été jugé et a épuisé tous ses recours. Direction cette fois une rétention, dans l'attente de son incarcération.
Alors comment les enquêteurs font pour retrouver ces personnes ? Ils analysent la téléphonie, planquent de longues heures devant une adresse, interrogent les bailleurs, mais surtout vont vérifier par eux-mêmes. Exemple avec le concierge d'un immeuble, où résidait un trafiquant de stupéfiants, condamné à 10 mois de prison. "Sa maman est décédée. Aux dernières nouvelles, si ça peut vous aider, je crois qu'il était parti au Luxembourg", indique-t-il aux brigadiers.
En février dernier, la brigade est même parvenue à localiser un violeur condamné dans le Val-de-Marne à 9 ans de prison en son absence. Après deux semaines de cavale, il a pu être interpellé en Suisse.
"On peut avoir des escrocs, ou simplement des personnes qui ont fait des refus d'obtempérer, qui ont été condamnées à des peines de prison fermes. À l'autre bout du spectre, on va avoir des gros délinquants, de la criminalité organisée ou bien même des criminels sexuels. Des dossiers où des individus sont recherchés pour un mandat d'arrêt de 20 ans, 30 ans, voire perpétuité…", liste à notre micro le commissaire divisionnaire Nathan Bauer, qui dirige la brigade.
Au total, ces enquêteurs traitent plus de 2.000 dossiers par an pour plus de 1.000 interpellations.
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