2 min de lecture Faits divers

Fac de Montpellier : des pressions policières sur un témoin ?

Après les violentes expulsions d'étudiants occupants un amphithéâtre de l'université de Montpellier, le 22 mars dernier, un des témoins a saisi l'IGPN contre un policier pour avoir subi une pression pendant son audience. "Mediapart" publie la retranscription de l'enregistrement prouvant les pressions.

Devant la faculté de droit à Montpellier, le 3 avril 2018
Devant la faculté de droit à Montpellier, le 3 avril 2018 Crédit : SYLVAIN THOMAS / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

"Occupez-vous de votre cul !" ;  "Tu me casses les couilles !" ; "Non mais, tu te prends pour quoi ?" Voilà quelques extraits de l'audition d'un témoin présent lors des violentes expulsions de la faculté de droit de Montpellier, dans la nuit du 22 au 23 mars. 

C'est le site Médiapart qui publie, jeudi 5 avril, des morceaux de cette audition enregistrée - illégalement - par le témoin concerné. Il a depuis saisi l'IGPN et porté plainte mercredi 4 avril. Cet étudiant a vu les expulsions de la faculté et a été interrogé par un policier sur les faits. 

La veille de son audition, il a écrit un courrier au Procureur de la République de Montpellier et au ministère de l'Enseignement supérieur pour témoigner de ce qu'il avait vu et émettre des interrogations sur le déroulé des événements. Au bout d'une heure d'audition, comme le raconte le site d'investigations, le policier qui l'interroge semble perde patience et s'agace graduellement.

Le témoin était inquiet avant son audition

Exemple : "Non non mais dites, eh ! Vous caressez pas quand vous me dites ça. Non non mais, eh ! Moi je l’ai lue votre prose. J’ai tout lu ! Plusieurs fois. Quand vous dites : 'Ils ont attendu que je parte parce que je fais 140 kilos.' Moi, avec les genoux que vous avez, je vous pète les deux genoux avant que vous leviez le bras droit. Vos 140 kilos, ils vont me faire rire. Vous allez faire plus de bruit en tombant que mes copains."

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Prénomé Pascal pour les besoins de l'anonymat, le témoin avait partagé son inquiétude face à l'audition qui l'attendait à son avocat. Maître Gilles Gauer explique ainsi à Médiapart que "la veille de son audition, il a transmis par écrit un témoignage de plusieurs pages mettant en cause plusieurs universitaires de la faculté de droit et interrogeant aussi le rôle de certains policiers dans l'affaire". Un document qui aurait particulièrement exaspéré le policier chargé de l'interrogatoire. 

D'après le site, Pascal n'aura pas eu de verre d'eau, malgré sa requête, après plus d'une heure et demie d'audition. Mais il aurait eu droit à une réflexion sur son handicap. Évoquant quelques doutes sur une information, il dit être sur à "60, 70%". Ce à quoi le policier aurait répondu : "Oh ! C'est même pas ton incapacité de travail ça ! T'es à 80 % tu vois".

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