1 min de lecture Esclavage

Essonne : un employeur condamné à de la prison ferme pour esclavage moderne

Le gérant d'une société a été condamné à cinq ans de prison dont trois avec sursis pour avoir soumis deux personnes à des conditions de vie et de travail indignes.

Antoine Daccord
Antoine Daccord
et AFP

Le tribunal correctionnel d'Evry vient de condamner un gérant d'une société d'appâts de pêche à cinq ans de prison dont trois avec sursis, ce mercredi 9 avril. Il a été reconnu coupable d'avoir soumis deux personnes pendant des décennies à des conditions de vie et de travail indignes.

Cet homme de 41 ans a été reconnu coupable de traite d'êtres humains et devra verser au total près de 350.000 euros de dommages et intérêts à ses victimes. "Les faits sont d'une gravité exceptionnelle", a déclaré le juge en rendant son délibéré.

350.000 euros de dommages et intérêts

Les deux victimes, deux hommes de 63 et 71 ans, ont vécu pendant plusieurs décennies au sein de l'entreprise dans laquelle ils travaillaient, une société d'élevage porcin reconvertie dans le conditionnement d'appâts de pêche située à Linas (Essonne).

Les deux hommes vivaient dans des pré-fabriqués installés à l'intérieur d'un entrepôt insalubre, et étaient devenus au fil des années totalement dépendants de leur employeur, qui conservait tous leurs papiers d'identité.

À lire aussi
LETTRE-AMERIQUE_POP_795x530 RTL Originals
Une lettre d'Amérique : comment Charleston tente de se défaire de ses démons esclavagistes

L'un des deux avait été recruté il y a quarante ans dans un centre pour mineurs. Il était à peine rémunéré alors qu'il travaillait 50 à 60 heures par semaine. L'autre avait été embauché il y a une vingtaine d'années à sa sortie d'un hôpital psychiatrique.

Des conditions de vie "inhumaines" et "dangereuses"

"J'ai tous les torts", a reconnu le prévenu. "Mais j'ai été dépassé par les événements." "Ils n'ont jamais été frappés, ils sortaient quand ils voulaient, mangeaient quand ils voulaient", a-t-il ajouté.

Au cours de l'audience, le juge a lu des témoignages d'anciens salariés de l'entreprise, décrivant des conditions de vie "inhumaines" et "dangereuses". "Même mon chien, je ne le mettrais pas là-dedans", a déclaré l'un d'eux aux enquêteurs. C'est un signalement du Comité contre l'esclavage moderne (CCEM) qui a permis l'ouverture d'une enquête.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Esclavage Faits divers Info
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants