3 min de lecture Justice

Disparition de Mathis : son père parlera-t-il au procès ?

En 2011, Sylvain Jouanneau avait enlevé son fils, alors âgé de 8 ans. Depuis, il refuse de dire ce qu'est devenu l'enfant, dont la mère redoute qu'il soit mort. Le procès s'ouvre lundi.

Portrait de Sylvain Jouanneau diffusé par sa famille en 2011 (archive).
Portrait de Sylvain Jouanneau diffusé par sa famille en 2011 (archive). Crédit : FAMILLE JOUANNEAU / AFP
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et AFP

Quatre ans après la disparition de Mathis, sa mère va-t-elle enfin savoir ce qu'il est devenu ? Le procès du père du petit garçon, disparu à l'âge de 8 ans en 2011, s'ouvre lundi 1er juin devant les assises de Caen. L'homme est accusé d'avoir enlevé son fils, et sa famille espère qu'il dise enfin ce qu'il a fait de l'enfant.

"La seule chose qu'on attend, c'est que (Sylvain) Jouanneau parle. Mais on n'en est pas du tout certain", confiait Nathalie Barré, la maman de Mathis, jeudi à l'AFP. Divorcée du père de son fils en 2007, elle se bat depuis presque quatre ans pour retrouver son enfant. Le procès doit durer quatre à cinq jours.

La photo de Mathis diffusée par sa famille au moment de sa disparition en 2011 (archive).
La photo de Mathis diffusée par sa famille au moment de sa disparition en 2011 (archive). Crédit : FAMILLE JOUANNEAU / AFP

Le père de l'accusé, Jean-Pierre Jouanneau, a indiqué dans un entretien diffusé vendredi sur internet par France 3 Basse-Normandie que, si la cour l'y autorise, il demanderait à son fils de "donner des informations pour que Mathis soit retrouvé". Mais "après trois années et demi d'emprisonnement, qu'est-ce qui pourrait le faire craquer ? Je le souhaite mais au fond de moi-même, j'y crois pas". 

Peu d'espoir que l'accusé parle

Arrêté le 9 décembre 2011, Sylvain Jouanneau avait enlevé son fils à Caen le weekend du 2 au 4 septembre, à la faveur d'un droit de visite et d'hébergement. Depuis, il affirme avoir confié l'enfant à des tiers. En 2012, il a dit ne pas pouvoir parler pour "protéger" Mathis. 

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L'avocate de Sylvain Jouanneau Véronique Demillière a assuré à l'AFP que son client "attend avec impatience ce procès pour montrer qu'il n'est pas mutique". Mais "je pense qu'il ne souhaite pas" dire à qui "il a confié" l'enfant, "parce qu'il n'a pas envie d'envoyer des gens qui lui ont fait confiance derrière les barreaux", a-t-elle ajouté.

Jouanneau a-t-il tué son fils ?

Mais il est possible que Sylvain Jouanneau, "animé", selon le parquet, d'un désir de "vengeance" envers son ex-femme, ait tué l'enfant. Après l'enlèvement, il avait été vu par des témoins dans le sud de la France, toujours seul.

Ce maçon de 41 ans comparaît pour enlèvement et séquestration de mineur et menaces de mort sur une ex-compagne, avec laquelle il a eu une liaison interrompue en août 2011, et deux de ses proches. 

Mais une information judiciaire distincte, ouverte contre X pour meurtre en avril 2013, est toujours en cours. Car le mystère reste entier.

Enlevé à la sortie de l'école

Le 4 septembre 2011, Sylvain Jouanneau, dont le casier judiciaire est vierge, va chercher son fils à l'école vers 18h00, comme le prévoit son droit d'hébergement. Mais l'homme, qui a effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique par le passé, ne le ramène pas comme prévu le dimanche soir chez Nathalie Barré. Il expliquera avoir dit à Mathis que sa mère et son compagnon était morts dans un accident de voiture.

Le mercredi suivant, le camping-car de l'accusé est retrouvé à Villers-Bocage, à 35 km de Caen, avec son passeport. Le lendemain, le 10 septembre, c'est sa Peugeot 206 Break qui est découverte à 5 km de Bayonne. Aucune trace de sang n'est mise en évidence dans les véhicules. Dans le break, les enquêteurs trouvent des emballages de petits jeux de voyage, et des tickets d'achats de jouets et de trois livres sur l'islam, effectués le 30 août à Caen. Sylvain Jouanneau s'est converti à cette religion après une relation en 2006-2007 avec une jeune femme marocaine.

Mathis "pris en charge par ses frères musulmans"

Selon une source judiciaire, il a écrit en 2011 que Mathis était "en sécurité" avec des personnes en lesquelles il disait avoir "toute confiance", et que "(ses) frères musulmans" prendraient en charge l'avenir du petit garçon s'il devait arriver quelque chose à son père. Il affirmait aussi être soutenu "par des complices sûrs et puissants".

Sylvain Jouanneau qui, selon les enquêteurs, avait préparé "de longue date" cet enlèvement est, lors de son arrestation, "sale comme quelqu'un qui vit dans des conditions précaires", précise à l'époque le procureur de Caen Catherine Denis.

Malgré des recherches dans des institutions musulmanes et chrétiennes en Espagne, en Italie et au Maroc, et dans des associations de type sectaire en France, Mathis reste introuvable. Son père encourt 30 ans de prison. 

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