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Des milliers d'écoutes téléphoniques judiciaires compromises par un bug

Une défaillance technique a interrompu des milliers d'enquêtes début mars. Pour Thales, les soucis s'accumulent.

Un homme tient son téléphone à la main (illustration)
Un homme tient son téléphone à la main (illustration)
Crédit : Microsoft
Nicolas Bamba

Décriée avant même sa mise en service, la Plateforme nationale des interceptions judiciaires (PNIJ) connaît de sérieux bugs ces dernières semaines, révèle Libération. Le service mis sur pied par Thales et censé aider la police nationale et la gendarmerie dans leurs enquêtes et leurs missions d'écoutes téléphoniques a connu un incident majeur fin février-début mars. Plusieurs services d'enquêtes ont commencé à contacter la Délégation aux interceptions judiciaires (DIJ) dès le 29 février parce qu'ils ne parvenaient plus à se connecter à la plateforme qui centralise toutes les écoutes judiciaires.

Loin de s'arranger, le bug a fini par s'étendre, paralysant toutes les enquêtes. Entre 1.500 et 1.800 écoutes ont ainsi été brusquement interrompues début mars. Finalement, le 5 mars, Thales a stoppé complètement la PNIJ pendant plus de 24 heures pour procéder à une mise à jour. Et durant ce laps de temps, la plateforme de secours n'a pas pris le relais comme prévu. Le ministère de la Justice confirme des "perturbations pour les enquêteurs" mais assure qu'"aucune donnée n'a été perdue", selon Libération.

Plusieurs problèmes techniques depuis octobre

Cette défaillance a toutefois échaudé nombre d'enquêteurs, selon lesquels des interceptions ont bel et bien échoué. L'indicent a poussé certains à utiliser à nouveau l'ancien système d'écoutes via des prestataires privés. Le même système anciennement utilisé a laissé place à la PNIJ car il était considéré comme peu fiable et trop onéreux.

Les camouflets s'accumulent pour Thales et son service déjà critiqué en 2010, quand il fut choisi à l'issue d'un appel d'offres contesté. Plusieurs problèmes techniques et défaillances opérationnelles ont été répertoriés depuis la mise en marche de la PNIJ en octobre 2015. Libération rappelle que le bunker ultra-sécurisé de Thales, à Élancourt (Yvelines), est censé résister à tout types d'attaques. Le groupe électronique spécialisé dans l'aéronautique et la défense doit procéder à de nouvelles interventions techniques prochainement. En décembre prochain, son système doit devenir le "dispositif exclusive", selon la dernière loi antiterroriste.

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