1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Dekhar arrête sa grève de la faim mais persiste dans son amnésie délirante
3 min de lecture

Dekhar arrête sa grève de la faim mais persiste dans son amnésie délirante

L'auteur présumé des attaques de "BFM TV", "Libération" et la Société Générale a arrêté sa grève de la faim. Toujours silencieux sur les raisons de son acte, il invoque des trous noirs et tient des propos conspirationnistes.

Capture d'une vidéosurveillance, le 20 novembre 2013 d'Abdelhakim Dekhar, à Paris.
Capture d'une vidéosurveillance, le 20 novembre 2013 d'Abdelhakim Dekhar, à Paris.
Crédit : AFP PHOTO - PREFECTURE DE POLICE DE PARIS
micro generique
La rédaction numérique de RTL
Journaliste

Il garde le silence depuis près de deux mois. Abdelhakim Dekhar, 48 ans, le tireur présumé de Libération qui avait également attaqué BFM TV et la Société Générale, refuse toujours de s'exprimer sur son geste.

Mutique, il a toutefois cessé ce jeudi 16 janvier, selon son avocat Thierry Lévy. Mais toujours pas un mot. Les rares fois où il prend la parole, ses propos sont loufoques. L'auteur présumé des tirs dénonce un complot conspirationniste.

Retrouvé dans un état semi-comateux, le 20 novembre dernier dans un parking des Haut-de-Seine,, il avait été dénoncé par son hébergeur de Courbevoie. Abdelhakim Dekhar venait d'ingurgiter une grande quantité de médicaments dans le but de se suicider avant d'être retrouvé par la police.

En garde à vue, et depuis son incarcération, il invoque "des vertiges et des trous noirs" selon son avocat, et ne dit mot sur la journée sanglante du 20 novembre, durant laquelle .

Pas de doute sa responsabilité

Le laboratoire a pourtant établi que l'ADN de Dekhar est identique au profil génétique relevé dans les locaux du journal, à la Défense, à l'entrée de la banque, ainsi que sur la portière de la Twingo dont il avait pris le conducteur en otage. Les vidéosurveillances ont également permis de .

À lire aussi

Pourtant, le suspect affirme "ne se souvenir de rien". "Je suis innocent, je n'ai rien à voir, c'est irréaliste", affirme l'homme.
Mais ses propos prennent rapidement une tournure étrange : il évoque "une autre dimension" et Le Procès, une œuvre de Kafka, dans laquelle le narrateur est l'objet d'une terrible erreur judiciaire qu'il peine à démontrer.

Son complice, plus bavard

Son complice, Sébastien S., 32 ans, qui, donne quelques éléments de réponse.

Il explique que Dekhar n'avait pas pu faire comme il aurait voulu à Libération. Selon ses propos, l'attaque aurait pu être bien plus sanglante, mais la présence régulière d'enfants dans les locaux l'aurait gênée. "Il m'a dit qu'à Libération, il n'avait pas pu faire comme il voulait, parce qu'il y avait des enfants, que ça lui faisait penser aux siens et que ça le gênait", explique Sébastien S.

Lecteur assidu du journal, il raconte que Dekhar critiquait ouvertement le traitement de celui-ci, mais "n'en voulait pas particulièrement à Libé".

Haine des journalistes et autres lubies

Animé par , Dekhar tenait pourtant des propos crus et violents sur les médias : "Infâmes journaputes, qui croyez transmettre la vérité au public alors que vous êtes payés pour nous faire avaler le mensonge à la petite cuillère, d'outre-tombe, je vous encule par l'entremise de mes coreligionnaires", écrit-il dans un texte datant de l'automne 2013.

Face au juge devant lequel il comparaît début décembre, il demande même l'abrogation du régime du détenu particulièrement signalé qui lui est imposé, et revendique un statut de prisonnier d'opinion. Si ses exigences ne sont pas satisfaites, il ne répondra à aucune question, affirme-t-il.

Seulement voilà, le statut de prisonnier politique a été aboli en France sous la Troisième République.

"Je me considère comme un résistant"

Dekhar accepte tout de même d'argumenter sur son cas. Il assure qu'il est profondément "rousseausiste". "Je suis pour l'égalité. Je suis un indigène", considéré comme un "sous-homme" et un "musulman".

"Si vous ne me libérez pas sur-le-champ, lors de l'épuration, on en tiendra compte", assure-t-il au magistrat. "Lisez les mémoires de Lucie Aubrac. Moi je me considère comme un résistant. Je n'attends pas que les rues portent mon nom mais... Je suis confiant."

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/