3 min de lecture Terrorisme

Christine Rivière, cette mère de jihadiste surnommée "Mamie jihad"

PORTRAIT - Christine Rivière, qui s'est notamment rendue trois fois en Syrie, a épousé l'idéologie jihadiste de son fils. Aujourd'hui, elle risque dix ans de prison.

Le tribunal correctionnel de Paris (illustration justice)
Le tribunal correctionnel de Paris (illustration justice) Crédit : JOEL SAGET / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Par amour pour son fils, elle a plongé dans les méandres de Daesh. Ce jeudi 5 octobre, Christine Rivière, âgée de 51 ans, est jugée pendant deux jours au tribunal correctionnel de Paris après avoir été interpellée en juillet 2014. Cette habitante originaire de Troyes, dans le département de l'Aube, est soupçonnée d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme. En ligne de mire ? Trois voyages effectués en Syrie entre août 2013 et avril 2014.

Si elle comparaît devant la justice, c'est en grande partie à cause de son fils, Tyler Vilus. Ce dernier, interpellé en juillet 2015 en Turquie avec un passeport suédois, est soupçonné d'avoir voulu regagner la France pour y commettre des attentats.

Sa radicalisation remonte au printemps 2011. Lors d'une formation de maçon à Paris, il découvre le coran et se convertit à l'islam. Trois mois plus tard, à 21 ans, il quitte la France, prend la direction de la Tunisie et devient un jihadiste de la première heure en participant notamment au saccage de l’ambassade américaine de Tunis, à l’appel du groupe jihadiste Ansar Al-Charia, en septembre 2012.

La Tunisie avant la Syrie

Pas question pour cette mère de famille de rester loin de son fils. Celle qui s'est également convertie à l'islam en 2011 fait plusieurs allers-retours pour le voir avant de définitivement poser ses valises en Tunisie. "J’ai vu combien mon fils avait changé (…). J’ai rencontré des musulmans et des musulmanes avec qui je me suis sentie bien. J’ai commencé à lire le Coran. Pour moi, ça s’est fait automatiquement, j’ai porté le foulard direct", a-t-elle déclaré au juge d'instruction, selon des propos rapportés par Le Monde

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Mais le fondamentalisme de Tyler Vilus et sa mère ne convient guère à la Tunisie, qu'elle décrit comme une "petite France" et un pays qui "n'est pas musulman". Le benjamin de la famille décide dès lors de s'installer en Syrie en mars 2013. Christine Rivière le rejoint une première fois en août de la même année. Suivront deux autres voyages, dont le dernier en avril 2014.

Une relation fusionnelle

Jamais elle ne lâchera son fils. Elle fait le voyage, lui envoie de l'argent et le soutient ouvertement alors que son fils grimpe rapidement les échelons au sein de Daesh. "Je savais que tu monterais. Tu es fait pour ça. Ce n'est pas pour rien que tu es là-bas. Tu joues ton rôle. Eh bien, bravo, mon fils, tu arrives à tout gérer", lui écrit-elle, rapporte le quotidien.

Le contact est permanent entre la mère et son fils. Plus de 4.000 messages ont été échangés, via Skype, selon Le Point. Le soutien est inconditionnel à tel point qu'elle a même accepté la mort probable de son fils. "Je ne vais pas le pousser à tomber en martyr, mais je sais que cela va arriver bien sûr", expliquait-elle devant le juge d'instruction en septembre 2014.

C'est aussi à distance, via leurs nombreuses conversations, que Tyler Vilus et Christine Rivière jouent les entremetteurs l'un pour l'autre. Celle qui prévoyait de le rejoindre définitivement en Syrie est arrêtée avant et est alors surnommée "Mamie jihad" par les enquêteurs.  

De nombreuses photos de propagande

Selon un psychiatre entendu durant l'instruction, cette relation est surtout le symbole d'une absence totale de "conscience de soi et d'esprit critique", relaie Le Monde. Sur les réseaux  sociaux, elle partage des images de propagande jihadiste d'une rare violence, dont des scènes de décapitation. Sur son ordinateur, plusieurs photos sont notamment découvertes où elle pose avec des armes, dont une kalachnikov qu'elle juge comme une "jolie arme" devant les enquêteurs.

Si elle déteste son surnom de "Mamie jihad", selon Le Point, Christine Rivière est aujourd'hui la doyenne de la trentaine de femmes revenues de Syrie et incarcérées en France.

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