2 min de lecture Justice

Bordeaux : 5 militants du DAL condamnés pour "violation de domicile"

Cinq militants de l'association Droit au logement (DAL) qui étaient entrés dans un appartement inoccupé pour y installer une famille ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis.

Trois militants de Droit au logement (DAL) condamnés à Bordeaux et le président de l'association (2e à g), le 9 avril 2014.
Trois militants de Droit au logement (DAL) condamnés à Bordeaux et le président de l'association (2e à g), le 9 avril 2014.
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

La justice a condamné cinq militants de l'association Droit au logement (DAL) à trois mois de prison avec sursis ce mercredi 14 mai à Bordeaux. Ils avaient pénétré dans le logement apparemment inoccupé d'une octogénaire, en 2013, pour y installer des familles sans abri. La justice les a aussi condamnés à verser solidairement 7.000 euros de dommages et intérêts à l'octogénaire.

Les militants de l'antenne girondine du DAL, deux hommes et trois femmes âgés de 20 à 55 ans, étaient poursuivis à titre individuel pour "violation de domicile". Ils étaient accusés d'être entrés par effraction chez une retraitée de 85 ans en convalescence chez son fils en Normandie depuis 2011, dans le centre-ville de Bordeaux.

Cinq familles d'Arménie, Bulgarie et Géorgie avaient occupé l'immeuble de deux étages du 30 juin au 15 juillet 2013, date de leur expulsion. Aucune de ces familles n'était poursuivie.

La victime avait une retraite de 900 euros par mois

Le procureur avait requis des peines de deux à six mois de prison avec sursis à l'audience, qui s'était tenue le 9 avril. Il avait indiqué ne pas vouloir "faire le procès du DAL dont on peut considérer qu'il a des projets généreux", mais souligné "l'erreur d'appréciation" des cinq militants. Il avait rappelé le statut de la plaignante, une ancienne tripière de marché bénéficiant d'une retraite de 900 euros par mois et pour laquelle l'immeuble occupé constituait le seul patrimoine immobilier.

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Les avocats des prévenus avaient pour leur part tous plaidé la relaxe, évoquant la faiblesse des preuves permettant d'affirmer que leurs clients étaient effectivement à l'origine de l'occupation et soulignant que la vacance du bien, où eau, électricité et téléphone avaient été coupés, était "confirmée".

A l'issue du prononcé du jugement, certains des cinq militants ont d'ores et déjà annoncé leur intention de faire appel. "Il y a une grande inquiétude pour nos actions militantes à venir", a réagi Myriam Eckert, une des cinq condamnés. "Essayons d'être plus nombreux à rejoindre les associations qui œuvrent à aider les autres pour montrer qu'en France la solidarité n'est pas un crime", a-t-elle ajouté devant une vingtaine de militants associatifs venus les soutenir.

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