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Bonbonnes de gaz à Paris : ce que l'on sait de l'enquête

ÉCLAIRAGE - Trois hommes, dont deux fichés S, ont été déférés après la découverte d'un engin explosif le 30 septembre. Le choix de la cible, un immeuble de l'est parisien, suscite encore des interrogations.

François Molins, procureur de la République de Paris, le 10 septembre 2017
François Molins, procureur de la République de Paris, le 10 septembre 2017
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Julien Absalon
Journaliste

Une tentative d'attentat aux bonbonnes de gaz a bien eu lieu à Paris, dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 septembre. Trois personnes ont été déférées devant un juge d'instruction en vue de leur mise en examen, a-t-on appris vendredi 6 octobre lors d'une conférence de presse de François Molins, procureur de la République de Paris.

Ces trois individus, dont le placement en détention provisoire a été requis, sont notamment poursuivis pour "tentative d'assassinat en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste". Trois autres suspects interpellés ont été remis en liberté, sans poursuites, faute d'éléments les incriminant.

Une semaine après la découverte de ces bonbonnes de gaz avec un dispositif de mise à feu, François Molins s'est présenté à la presse pour livrer les premiers éléments confirmés de l'enquête. Si la dimension terroriste de cette affaire est vérifiée, il demeure encore plusieurs zones d'ombre.

Un mobile encore inconnu

Pourquoi cet immeuble de la rue Chanez, situé dans le XVIe arrondissement de Paris, a été pris pour cible ? Les enquêteurs ne le savent pas encore. "Tout ce que l'on peut dire aujourd'hui, c'est que l'on n'a pas d'explication logique et définitive sur le pourquoi du choix de cette cible. À ce stade des opérations, aucune hypothèse n'est privilégiée", affirme François Molins, tout en refusant de confirmer ou infirmer le fait qu'un journaliste aurait été ciblé.

L'attentat aurait pu être dévastateur

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"Les conséquences humaines et matérielles auraient pu être dramatiques", s'alarme François Molins, qui a détaillé l’impressionnant dispositif "élaboré" qui se trouvait dans le rez-de-chaussée de cet immeuble. Les enquêteurs ont retrouvé quatre bonbonnes de gaz, un total de 33 litres d'essence et des sacs à gravats. Ces éléments étaient reliés à un dispositif de mise à feu, constitué d'un téléphone portable, d'un amplificateur et de deux câbles électriques.

"Ce dispositif devait favoriser la mise à feu de l'essence répandue sur le sol puis, par voie de conséquence, l'explosion des quatre bonbonnes de gaz", précise François Molins. Il s'avère, surtout, qu'un numéro de téléphone a tenté d'activer à trois reprises ce dispositif, à 4h14, 4h15 et 4h16. Cette ligne a été localisée à proximité immédiate de la rue Chanez.

Deux fichés S

Parmi les trois personnes déférées, deux sont fichées S. Le principal suspect a été présenté sous le nom de Aymen B., né en novembre 1987 à Paris et résidant à Brétigny-sur-Orge. Son ADN a été retrouvé sur les divers objets qui devaient exploser. Cet individu est fiché S depuis le 29 juillet 2016, "en raison d'un prosélytisme pro-Daesh". Au mois de novembre 2016, il avait fait l'objet d'un contrôle d'identité par des CRS pour avoir fait une prière sur le bande d'arrêt d'urgence de la nationale 118.

Ce jour-là, il était accompagné de Amine A., lui aussi déféré dans cette affaire. Ce ressortissant français est fiché S "en raison de son appartenance à la mouvance islamiste radicale", selon François Molins. En mars 2013, il avait été placé en garde à vue dans le cadre du dossier Forsane Alizza, un groupuscule de l'islam ultra-rigoriste. Ce groupe a été dissous en 2012 par Claude Guéant, ministre de l'Intérieur de l'époque. En 2015, 14 membres de cette organisation avaient été condamnés pour association de malfaiteurs terroriste, rapporte Le Monde. 

Le troisième suspect, Sami B., est un cousin de Aymen B. Il est né en mai 1985 à Champigny. C'est un père de trois enfants.

Les trois hommes sont bien connus des services de police et de justice. Ils ont tous deux été condamnés à des peines de prison avec sursis, pour des faits de violences, ou de vols aggravés, notamment. En revanche, d'éventuels liens avec la Syrie doivent être confirmés ou non par les diverses exploitations des lignes téléphoniques.

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