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Des élèves brandissent des pancartes et agitent des drapeaux lors d'un blocage organisé au lycée Gustave-Eiffel de Bordeaux, le 30 septembre 2026.
Crédit : Philippe LOPEZ / AFP
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La mobilisation des lycéens ne semble pas prête de faiblir. Ce mercredi 30 septembre, les actions de blocage des établissements se sont poursuivies à travers le pays, étant émaillée par des violences que le président Emmanuel Macron a condamnées. En fin de journée, le ministre de l'Intérieur Laurent a fait état de 625 interpellations, tout en évoquant une "extension du mouvement" et une "montée de la violence" par endroits.
De fait, 83 policiers et gendarmes ont été blessés en marge du mouvement qui a concerné 356 établissements mercredi, a-t-il ajouté devant la presse. Le ministre a déploré une "prise à partie des fonctionnaires, des jets de projectiles, violences, déclarations, tentatives de mise à feu, et ce qui s'apparente", selon lui, à "des violences urbaines".
Simultanément, son homologue à l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a regretté que 119 élèves et personnels aient été blessés depuis "le début des troubles" à grande échelle, vendredi dernier. "C'est inédit", a-t-il précisé en conférence de presse, jugeant qu'"on ne peut évidemment en aucun cas admettre que des agents publics qui dédient leur vie à leurs élèves puissent faire l'objet d'attaques."
Preuve des vives tensions, Laurent Nuñez a annoncé que l'IGPN, la "police des polices", était saisie de trois enquêtes autour d'agissements d'agents sur des blocages à Sevran, à Saint-Ouen-l'Aumône et à Tours. "Ce sont des mineurs qui sont en face des forces de l'ordre. Évidemment, il y a un usage très proportionnel" des "armes intermédiaires", notamment du gaz lacrymogène, a-t-il assuré.
Pour autant, la procureure de la République de Tours a fait savoir dans la journée qu'elle avait saisi l'IGPN "pour enquête" après la blessure d'un jeune homme à la tête mercredi, des lésions "compatibles" avec un tir de LBD d'après elle. Celui-ci a été hospitalisé aux urgences du CHU de Tours, a-t-elle expliqué sur X. Sur les réseaux sociaux, la vidéo d'un lycéen assis, la tête ensanglantée, a été plusieurs fois partagée.
"J'entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir. Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques ne sauraient légitimer une violence au carré", a déclaré le président de la République, Emmanuel Macron, depuis Madrid, visant les responsables de La France insoumise. Et ce, alors que préfectures et collectivités ont rapporté des feux de poubelles, des tirs de mortiers ou des barricades, et des interpellations en lien avec la mobilisation.
Le préfet de police de Paris Patrice Faure a d'ailleurs saisi la justice contre le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, pour "des faits présumés de provocation à commettre un délit", a annoncé son entourage, selon qui il a effectué un signalement au titre de l'article 40 du code de procédure pénale au procureur de Bobigny. Il reproche notamment à l'élu des propos présentant "la réaction violente comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l'action des forces de l'ordre".
Mardi matin, devant le lycée Paul-Eluard, l'édile insoumis a notamment estimé au micro de BFM que "la violence, à un moment donné, peut être légitime", pour manifester son soutien aux lycéens mobilisés. "Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux", a-t-il aussitôt nuancé.
D'après son entourage, le préfet de police entend aussi dénoncer "l'attitude" de Bally Bagayoko, "filmé, hilare, dansant à proximité d'une poubelle en feu", laquelle "peut être perçue comme une forme de validation, à tout le moins symbolique, des dégradations commises". Dans un communiqué, le maire de Saint-Denis a de son côté appelé à ne pas détourner "le débat des revendications de notre jeunesse".
"Les Insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte", a assuré mercredi sur X le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, dont le parti soutient les lycéens qui réclament le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens, une rénovation des établissements et des conditions d'apprentissage décentes.
Mardi, les actions ont concerné quelque 10% des lycées en France. "Il y a beaucoup moins de mobilisation" ce mercredi "mais on appelle à un acte 2" jeudi, a lancé le président de l'Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani, lors d'une conférence de presse commune à Paris avec l'Union étudiante, faisant valoir des revendications communes.
Avec la secrétaire générale du deuxième syndicat étudiant, Eloïse Lefebvre-Milon, ils appellent "toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à rejoindre la mobilisation" jeudi 1er et mardi 6 octobre, réclamant également un "financement massif des lycées et des universités".
L'Union étudiante propose sur son site un "tuto pour bloquer son lycée, sa fac ainsi qu'un kit de mobilisation". L'Unef, troisième organisation étudiante, appelle aussi les étudiants "à descendre dans les rues partout en France" mardi, contre la "suppression massive de places dans les facs" et le gel des APL notamment.
Devant la presse, Ryad Rani s'est alarmé du "mépris", de la "répression du gouvernement" et de la "violence inouïe [des forces de l'ordre] envers les lycéens". Il s'est dit "favorable" à rencontrer le ministre, "mais ce n'est pas nous qui allons ramper pour être reçus". "Il aurait pu nous recevoir tout de suite", a-t-il estimé, se défendant une nouvelle fois d'être instrumentalisé par la France insoumise.
Édouard Geffray a lui répondu en annonçant l'ouverture lundi prochain, ou "mardi matin au plus tard", d'une "plateforme de concertation" à laquelle "tous les lycéens pourront contribuer".
Le but ? "Faire part de toutes leurs demandes, de leurs inquiétudes, de leurs angoisses, de leurs incompréhensions, de leurs revendications aussi, de manière territorialisée", a-t-il déclaré. Les recteurs d'académie travailleront ensuite avec eux "sur la base d'une collecte exhaustive", avant "un événement de restitution nationale pour pouvoir apporter des réponses structurées et dans un cadre démocratique", a-t-il ajouté.
Reste à savoir si cela suffira à calmer la grogne ces jeudi 1er et mardi 6 octobre, pour ce qui s'annonce être de grands jours de mobilisation.
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