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"C'est totalement faux" : sur RTL, le président de l'Union syndicale lycéenne contredit le ministre de l'Éducation et évoque des instances de dialogue "délaissées"

Sur RTL, le président de l'Union syndicale lycéenne conteste les propos du ministre de l'Éducation sur les voies de dialogue dans les établissements. En pleine mobilisation, Ryad Rani dénonce des instances "délaissées" et appelle à poursuivre les blocages.

Ryad Rani, le président de l'Union syndicale lycéenne sur RTL le 30 septembre.

Crédit : RTL

Ryad Rani est face à Marc-Olivier Fogiel

00:10:34

Marc-Olivier Fogiel & Eléonore Aparicio

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Née d'un malaise lié au manque de moyens et à la "dégradation" des conditions d'apprentissage, la mobilisation lycéenne pourrait se prolonger. L'Union syndicale lycéenne, principale organisation représentative, appelle à maintenir les blocages après une journée d'action marquée, selon le gouvernement, par des violences "inqualifiables" et 440 interpellations. 

Sur RTL ce matin, le ministre de l'Éducation a dit ne pas contester le fond des revendications, mais leur mode d'expression. Selon lui, "il y a des cadres pour ça". Il a rappelé qu'"il y a des instances de dialogue social dans tous les lycées, qu'on appelle les conseils de vie lycéenne, où les lycéens peuvent discuter avec les adultes de l'établissement (...) pour répondre éventuellement à leurs demandes". 

Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne, lui a répondu au micro de RTL : "C'est totalement faux". "L'ensemble des instances de dialogue mises en place et administrées par le ministère sont délaissées", a-t-il assuré. Les deux hommes se sont croisés dans les couloirs de la radio sans s'adresser la parole : "Ce n'est pas à nous de faire ce premier pas, c'est au ministre", a indiqué le lycéen tout en précisant qu'une rencontre entre son organisation
et le ministre "devrait se faire dans les prochains jours". 

Violences : condamnation, mais refus de parler d'un mouvement "gangréné"

Interrogé sur les incidents signalés en marge des blocages, Ryad Rani dit condamner "toutes les violences" et évoque aussi "les violences policières". Mais il refuse de parler d'un mouvement infiltré ou dévoyé. "Non, le mouvement n'est pas gangréné", tranche-t-il, en dénonçant un discours qui viserait selon lui à "décrédibiliser cette mobilisation".

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Sur l'éventuelle présence "d'agitateurs professionnels", évoquée dans une note des renseignements généraux, Ryad Rani répond : "Ce que je peux vous dire à l'heure actuelle, c'est que sur chaque blocage où notre syndicat était présent, il n'y avait pas d'agitateur professionnel." Il conteste ainsi les signalements relayés par le journaliste sur certains débordements et sur l'implication de personnes extérieures aux lycées.

Des revendications sur les conditions d'étude

Le président de l'USL a détaillé plusieurs demandes portées par les lycéens mobilisés. Il cite d'abord "la surcharge des emplois du temps scolaire et des classes", avec des effectifs pouvant monter "à 32 ou 36 par classe". Il réclame aussi des "allégements des emplois du temps" et la "rénovation des lycées délabrés".

Au-delà des bâtiments et de l'organisation scolaire, Ryad Rani insiste sur le manque d'enseignants. "Chaque jour, je reçois des dizaines de messages de lycéens et lycéennes", raconte-t-il, avant de donner un exemple précis : "une élève n'a pas eu de prof de français pendant 7 mois alors qu'à la fin de l'année elle avait une épreuve". Pour lui, ce sont "des vrais problèmes" qui justifient la mobilisation actuelle.

Accusation de récupération politique

Interrogé sur les critiques visant La France insoumise et, plus largement, une possible récupération politique du mouvement, Ryad Rani a rejeté cette lecture. Il dit saluer "tous les élus de la République" venus rencontrer les lycéens sur les piquets de blocage, "peu importe leur camp politique".


Il assume par ailleurs des engagements personnels, tout en contestant qu'ils disqualifient la parole syndicale. Son message central reste le même : obtenir une écoute du ministère et des réponses concrètes. "La première chose, c'est que le ministre au moins fasse semblant de nous écouter et de nous recevoir. Ensuite, entamer des discussions", résume-t-il.

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