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"Le but c'est de ne pas lâcher" : jusqu'où peut aller la grogne des lycéens, soutenue par LFI face au gouvernement ?

Alors que plus de 400 lycées ont fait l’objet d’actions ou de perturbations mardi 29 septembre, le mouvement de contestation pourrait se poursuivre jeudi 1er octobre, selon l'appel de l'USL, la principale organisation représentative des lycéens.

Des élèves organisent un blocus au lycée Lamartine, à Paris, le 29 septembre 2026.

Crédit : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

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Jusqu'à quand la mobilisation des lycées face au manque de moyens dans l'Éducation nationale peut-elle durer ? Le mouvement, né autour du manque de ressources, des difficultés de remplacement des enseignants et de la dégradation des conditions d'apprentissage, pourrait se poursuivre jeudi 1er octobre, la principale organisation représentative des lycéens appelant à reconduire les blocages après une nouvelle journée de mobilisation nationale.

"Nous lycéennes, lycéens, nous nous mobilisons pour avoir des professeurs remplacés, pour une augmentation des moyens pour avoir des conditions d'apprentissage décentes", a fait valoir dans un communiqué posté sur Instagram l'Union syndicale lycéenne (USL), quand Parcoursup, la formation des enseignants, mais aussi les classes et emplois du temps surchargés sont également dénoncés par les élèves.

L'organisation demande au ministère de l'Éducation nationale de "recevoir au plus vite" les principales figures de cette contestation et appelle à "une reconduction des mouvements le jeudi 1er octobre". Né la semaine dernière en Île-de-France, le mouvement est progressivement monté en puissance dans toute la France, l'USL ayant appelé les lycéens à se mobiliser mardi afin de faire converger leur mouvement avec celui des agents de la fonction publique. L'organisation lycéenne a revendiqué 400 établissements bloqués sur la journée sur les quelque 3.700 que compte la France.

D'ailleurs, le phénomène a également gagné l'enseignement supérieur. Les universités de Clermont-Ferrand et de Poitiers, Toulouse 2 et Toulouse 3 et Pont de Bois à Villeneuve-d'Ascq Lyon 2 et Sciences Po Lyon étaient bloquées mardi matin, selon l'Union étudiante. Des tentatives ont également eu lieu à Paris et à Nice.

"On demande juste à être écoutés"

De son côté, le ministère de l'Éducation nationale a recensé 416 établissements ayant fait l’objet d’actions ou de perturbations ce mardi,  soit plus de deux fois plus que lundi. Parmi eux, 338 étaient encore concernés par des blocages totaux (45) ou des tentatives de blocage (46) en fin de journée, selon le dernier bilan avec 31 blessés signalés (élèves et personnels). Ces actions ont donné lieu à 440 interpellations.

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Le ministre Édouard Geffray a justement regretté des "violences inqualifiables", déplorant "au moins 10 personnels" et "plusieurs élèves blessés", dont un enseignant "frappé" et un proviseur "blessé par un tir de mortier". "Les poursuites judiciaires contre ces agissements sont engagées".

À Nantes, le lycée Gabriel Guist'hau était par exemple dans ce cas, avec une cinquantaine de lycéens mobilisés dès 6h pour mettre en place poubelles et barrières, afin de bloquer l'accès. Sur place, les forces de l'ordre sont intervenues : "Ils ont commencé à foncer vers nous avec des boucliers, à nous taper et à nous envoyer nos pancartes dans le ventre, puis nous gazer. Ensuite, ils sont partis et on a remis toutes les poubelles en place pour le blocus", témoigne sur RTL une élève de première. "C'est hyper violent, nous on demande juste à être écoutés", ajoute une autre.

En bref, ils s'engagent contre "tout ce qui ne va pas dans l'Éducation nationale", pour Thomas, en première lui aussi et qui réclame des moyens. "On subit des décisions qu'on a pas décidées. On a réussi à durer vachement longtemps, donc le but c'est de ne pas lâcher et continuer de faire entendre ce que l'on a à dire".

Si dans ce lycée, où les élèves promettent de revenir, le blocus a été levé dans le calme vers 16h30, cela n'a pas été le cas partout sur le territoire. En Île-de-France, 75 établissements ont été perturbés, dont 20 touchés par des affrontements, violences ou dégradations, selon la Région, qui estime le coût des dégâts à 200.000 euros.

LFI avec les lycéens, le gouvernement dénonce une récupération politique

À sept mois de la présidentielle, ce mouvement bénéficie du soutien de responsables de LFI, régulièrement présents devant les lycées mobilisés, comme Paul Vannier devant le lycée Julie-Victoire-Daubié d'Argenteuil ou le député de l'Essonne Antoine Léaument, ovationné devant un lycée de Sainte-Geneviève-des-Bois pour avoir promis l'abrogation de Parcoursup.

À Saint-Denis au nord de Paris, devant le lycée Paul-Éluard, où plusieurs centaines d'élèves se sont rassemblés mardi matin, une "interpellation pour des faits qui ne se sont pas produits aujourd'hui, alors que tout se passait bien" a mis le feu aux poudres, a rapporté à l'AFP le député LFI Éric Coquerel, disant tenir cette information du commissaire de quartier. Un mouvement de foule s'est aussitôt déclaré. Des forces de l'ordre ont donné plusieurs coups de boucliers sur des lycéens et sur une journaliste de l'AFP. BFM a déposé plainte après l'agression de ses journalistes "molestés et insultés".

Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qui s'est de nouveau rendu devant le lycée Paul-Éluard mardi, a estimé sur BFM que "la violence, à un moment donné, peut être légitime". "Mais chaque fois qu'on peut l'éviter, c'est mieux", a-t-il aussitôt nuancé. Sur place, l'édile a été acclamé comme une rockstar, y compris par des jeunes apolitiques, au moment où le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé lundi une "surenchère irresponsable" d'élus du mouvement de gauche radicale.

"Légitimer ces violences ou appeler, dans ce contexte, à étendre les blocages, c'est mettre en danger nos élèves comme les agents publics. C'est irresponsable", a-t-il écrit le ministre Édouard Geffray, sur X.

"LFI, c'est les pompiers pyromanes", a également fustigé mardi sur RMC Valérie Pécresse, la présidente LR de la région Île-de-France, en déplorant une "instrumentalisation politique". "On ne veut pas de récupération politique, on veut des moyens", a entendu RTL parmi les manifestants à Paul-Éluard. "On ne veut pas de récupération politique, on veut des moyens", disaient quelques autres.

"Ce Premier ministre croit que c'est nous qui créons les problèmes", s'est néanmoins mardi le candidat LFI à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes fiers d'être aux portes des lycées pour défendre nos gamins. Parents, militants Insoumis, mobilisez-vous pour vous interposer face à la sauvagerie policière". Autrement dit, le parti devrait continuer de se mobiliser, comme d'autres forces à gauche, jeudi en réponse à l'appel de l'Union syndicale lycéenne.

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