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Attentats à Paris : le 13 novembre aux urgences de l'hôpital Saint-Louis

DOCUMENT RTL - Jean-Paul Fontaine, responsable des urgences de l'hôpital Saint-Louis, raconte la prise en charge des blessés au soir des attaques qui ont fait 130 morts.

Des urgences à Paris (illustration)
Des urgences à Paris (illustration)
Le 13 novembre 2015 à l'hôpital Saint-Louis (Paris) raconté par le chef des urgences
02:55
Odile Pouget & Clémence Bauduin

Il est 21h25, le 13 novembre 2015, quand des hommes armés de kalachnikov ouvrent le feu sur les clients du bar Le Carillon et du restaurant le Petit Cambodge, dans le Xe arrondissement de Paris. Bilan : 15 morts. Près de trente blessés seront très vite dirigés vers l'hôpital Saint-Louis, tout proche. Jean-Paul Fontaine, le responsable des urgences, commençait à regarder tranquillement chez lui le match France-Allemagne devant sa télévision. "C'était un weekend où je n'étais pas censé travailler et j'étais très content de rentrer chez moi pour regarder le match de foot", se souvient-il. 

Mais ce match envoie des signaux inhabituels. "Je me rappelle avoir entendu des bruits pendant la première mi-temps. Je remarque juste qu'il y a une espèce de sursaut dans le jeu, se souvient-il. Je vais zapper sur une chaîne d'information - on dit qu'il y a eu des tirs". Les médias évoquent alors les rues Alibert et Bichat, situées à proximité de l'hôpital Saint-Louis. "J'appelle mes collègues je leur dis 'attention il risque d'y avoir des blessés parce qu'il vient d'y avoir une fusillade'. Ils me disent 'c'est bon, on a les mains dedans'". Alors Jean-Paul Fontaine se rend dans son service.

Une gestion dans le silence

"J'avais imaginé une scène avec beaucoup de bruit, d'excitation, une scène de guerre... Mais en fait non : je vois un service totalement silencieux. Il n'y a pas de désordre, juste des patients qui affluent, blessés, éclopés, avec du sang, des brancards. On voit des malades partout, des infirmières, des personnels que je ne connais pas, déjà là, en train de filer un coup de main", décrit le responsable des urgences. 

Au départ, les échanges avec les patients se limitent à "de l'information purement médicale" selon les souvenirs de Jean-Paul Fontaine. "Je me rappelle beaucoup plus de regards échangés, voire de sourires, que de mots. (Les patients) étaient tellement choqués qu'ils étaient dans un mécanisme d'auto-protection. Quand à un moment on est censé demander aux personnes si elles veulent que l'on prévienne quelqu'un et que la personne vous répond 'la personne que vous auriez dû prévenir était en face de moi et elle est morte', il y a un moment de silence", raconte le médecin.

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Puis viens l'annonce d'un assaut au Bataclan. "Là, je me dis que ça risque d'être terrible et me demande comment étendre le dispositif à partir de ce qu'on a déjà. L'hôpital Saint-Louis ne prend pas des polytraumatisés tous les jours. Il va falloir se débrouiller du mieux qu'on peut dans la situation dans laquelle on est". Les heures passent, dans l'effervescence. "À un moment, je comprends que ça se calme. Les choses de la vie normale d'un urgentiste refont surface. Un patient appelle en demandant s'il peut venir aux urgences car il a très mal, et l'on s'est fait cette réflexion, en voyant le patient arriver, de se dire 'la vie recommence'".

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