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Attentat déjoué contre Bank of America à Paris : une information judiciaire ouverte pour association de malfaiteurs terroriste

Quatre suspects ont été déférés en vue de leur mise en examen dans l'enquête sur l'attaque déjouée contre le siège parisien de la Bank of América dans la nuit de vendredi à samedi 28 mars.

La Bank of America, visée par un attentat déjoué le 28 mars 2026

Crédit : Sebastien DUPUY / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Une information judiciaire pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste a été ouverte après l'attentat déjoué contre le siège parisien de la Bank of America, a annoncé mercredi le parquet national antiterroriste (Pnat).

Le Pnat a également requis la mise en examen et le placement en détention provisoire de quatre personnes interpellées dans cette enquête: trois mineurs, dont le casier judiciaire est vierge, et un majeur, condamné en 2025 pour trafic de stupéfiants notamment, ajoute le Pnat dans un communiqué.

Cette tentative d'attentat "paraît pouvoir être rattachée" au groupuscule "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya" (Hayi), "sans que cet élément ait pu être formellement établi, à ce stade de la procédure", ajoute le Pnat. Ce groupuscule a revendiqué ces derniers jours plusieurs attaques contre la communauté juive, en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Un engin explosif jamais vu en France

Pour rappel, les faits remontent à la nuit du 28 mars, vers 3h20, lorsque des policiers de la brigade anticriminalité, en surveillance devant le siège de la banque situé rue de la Boétie à Paris, ont repéré deux individus en train de manipuler un dispositif suspect à l'entrée de l'établissement. L'un d’eux, un mineur de 17 ans, a été interpellé sur place, tandis que le second a pris la fuite.

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Sur les lieux, les enquêteurs ont découvert un engin incendiaire improvisé composé d'un bidon de cinq litres rempli aux deux tiers d'essence, associé à un artifice de forte puissance. Selon les expertises du laboratoire central de la préfecture de police, le dispositif, constitué notamment d'un cylindre contenant environ 650 grammes de matière active, présentait une puissance inédite en France et aurait pu provoquer une importante boule de feu et un incendie de grande ampleur.

Les suspects contestent "une intention terroriste"

Les investigations ont rapidement permis d'identifier trois autres suspects : deux mineurs de 16 ans interpellés le 29 mars, ainsi qu'un majeur arrêté le lendemain. L'exploitation des images de vidéosurveillance, des téléphones portables et des données de géolocalisation a mis en évidence leur implication dans la préparation de l'attaque.

Lors de leurs auditions en garde à vue, les trois mineurs ont reconnu avoir été recrutés par le suspect majeur dans la nuit du 26 au 27 mars. Leur mission consistait à déposer l'engin incendiaire devant la banque, à y mettre le feu et à filmer la scène, en échange d'une rémunération comprise "entre 500 et 1.000 euros", précise le parquet national antiterroriste. Ils ont également expliqué qu'une première tentative avait échoué en raison de la présence d'un véhicule de police à proximité, avant qu'une seconde tentative ne soit menée la nuit suivante.

Tous les suspects "contestent toutefois, à ce stade, toute intention terroriste". Les mineurs ont néanmoins admis avoir compris que la cible n'était pas un immeuble d'habitation, sans en mesurer pleinement la portée.

Un engin livré directement à domicile

De son côté, le suspect majeur a déclaré avoir agi à la demande d'un individu présenté comme un intermédiaire, qui l'aurait contacté via une messagerie sur un réseau social. Selon ses déclarations, cette personne lui aurait demandé d'organiser l'action dans le cadre d'une prétendue "vengeance personnelle". L'engin lui aurait été remis directement à son domicile par un individu qu'il affirme ne pas connaître.

Les enquêteurs s'attachent désormais à identifier ce ou ces commanditaires, dans un contexte marqué par une série d'actions violentes revendiquées en Europe par le groupuscule Hayi. Une coopération judiciaire a été engagée avec plusieurs pays européens, notamment la Belgique et les Pays-Bas, afin de déterminer d'éventuels liens entre ces événements.

L'enquête se poursuit sous l'autorité d'un juge d’instruction, avec pour objectif de préciser les responsabilités de chacun et d'établir d'éventuelles connexions avec une organisation terroriste structurée.

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