2 min de lecture Procès

Arbitrage : cinq ans de prison ferme requis contre Bernard Tapie

Jugé depuis le 11 mars pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics", Bernard Tapie est accusé d'avoir fait pression sur ses soutiens à l'Élysée pour obtenir un arbitrage privé dans l'affaire du Crédit Lyonnais.

Marc-Olivier Fogiel RTL Soir Marc-Olivier Fogiel iTunes RSS
>
Bernard Tapie : nerveux lors des réquisitions sur l'affaire de l'arbitrage Crédit Image : KENZO TRIBOUILLARD / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Alice Moreno
et Thomas Pierre

Bernard Tapie va-t-il retourner derrière les barreaux ? Cinq ans de prison ferme ont été requis ce lundi 1er avril contre l'ancien homme d'affaires de 76 ans jugé pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". Il est accusé d'avoir manœuvré pour obtenir un arbitrage privé dans son vieux litige avec le Crédit Lyonnais. Arbitrage qui lui a rapporté 403 millions d'euros en 2008, avant d'être annulé. 

Le parquet, qui a aussi requis la confiscation de l’ensemble de ses biens, a estimé que cet arbitrage était "truqué" et que Bernard Tapie, qui souffre aujourd'hui d'un double cancer, était son "co-organisateur" et son "bénéficiaire principal". 

Les plaidoiries des parties civiles ont eu lieu lundi 1er avril au Palais de Justice de Paris. Les avocats, ainsi que le procureur ont tenu à mettre en garde : aujourd'hui, on ne juge pas "Tapie la star", mais des faits.

À lire aussi
La cour criminelle de Bagdad juge les Français accusés d'appartenir à Daesh. terrorisme
Irak : au moins 3 jihadistes français vont être jugés en juin

Un arbitrage aux sommes faramineuses

"Bernard Tapie est bien un escroc", annonce d'emblée l'un des juristes de la partie civile. À quelques mètres de là, le célèbre prévenu, nerveux, ne tient pas en place sur sa chaise, bascule d'avant en arrière, tandis que son avocat Me Hervé Temime tente de le rassurer. 

Le procureur est formel : "Ce n'est pas l'affaire Tapie que vous devez juger (...) c'est l'affaire de l'arbitrage". Selon lui, cela ne fait aucun doute, l'arbitrage à "400 millions d'euros" était bien truqué. À l'écoute des sommes "choquantes" énoncées, Bernard Tapie s'agite, si bien qu'il est rappelé à l'ordre par le procureur, qui lui lance : "Ça pique un peu les oreilles Monsieur Tapie, mais si vous ne voulez pas écouter, vous sortez.".

L'accusation s'applique donc à démasquer "Tapie le comédien", "le bon copain des Français", ironise un avocat. Mais il faut veiller à ne pas succomber à la séduction médiatique, à l'impression instantanée, car Bernard Tapie est bien le principal prévenu d'une extraordinaire escroquerie. 

Il est reproché à Bernard Tapie, jugé depuis le 11 mars pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics" aux côtés de cinq autres prévenus, d'avoir fait pression sur ses soutiens à l'Élysée pour obtenir un arbitrage privé et de s'être assuré de la "partialité" d'un des trois arbitres, ce qu'il conteste. 

Ce mardi 2 avril, la parole est à la défense, avec les plaidoiries des avocats, dont celle Me Hervé Témime, qui défend Bernard Tapie. Le procès est prévu pour durer jusqu'au 5 avril.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Procès Justice Bernard Tapie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants
article
7797339919
Arbitrage : cinq ans de prison ferme requis contre Bernard Tapie
Arbitrage : cinq ans de prison ferme requis contre Bernard Tapie
Jugé depuis le 11 mars pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics", Bernard Tapie est accusé d'avoir fait pression sur ses soutiens à l'Élysée pour obtenir un arbitrage privé dans l'affaire du Crédit Lyonnais.
https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/arbitrage-cinq-ans-de-prison-ferme-requis-contre-bernard-tapie-7797339919
2019-04-01 21:12:00
https://cdn-media.rtl.fr/cache/Lm6ZERJoPgr_qRMg_oM0Ug/330v220-2/online/image/2019/0401/7797339931_000-1f89tv.jpg