5 min de lecture
Rima Hassan lors d'une conférence de presse, le 3 avril 2026
Crédit : Blanca CRUZ / AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
L'eurodéputée LFI Rima Hassan et son avocat, Me Vincent Brengarth, ont pris la parole lors d'une conférence de presse vendredi 3 avril, après que celle-ci a quitté les locaux de la police judiciaire de Paris pour être de nouveau entendue. Cette dernière audition a été réalisée dans le cadre d'une enquête différente des soupçons pour lesquels elle a été placée la veille en garde à vue.
Concernant cette première partie de l'affaire, elle est ressortie libre jeudi en fin de soirée avec une convocation le 7 juillet pour être jugée pour "apologie du terrorisme" en raison d'un post publié sur X. Le 26 mars, elle y faisait référence à Kozo Okamoto, l'un des auteurs de l'attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l'aéroport de Tel-Aviv, qui avait tué 26 personnes.
"Cette publication a été faite en constatation d'un état d'esprit, d'une philosophie de résistance à l'oppression". Mais "à aucun moment elle ne fait l'apologie des agissements reprochés à cette personne", assure Me Vincent Brengarth.
"Personne n'est dupe du caractère politique" de cette situation, a-t-elle expliqué face aux journalistes. "Je fais l'objet d'un véritable harcèlement judiciaire et politique en raison et exclusivement en raison de mes opinions politiques".
"La temporalité de cette dynamique de harcèlement a commencé dès mon entrée en politique" et "n'a pas cessé depuis", poursuit l'élue. Elle juge, qu'à travers son cas, il y a "une volonté manifeste de diaboliser La France insoumise" et prédit un tel climat jusqu'à la présidentielle 2027.
Cette garde à vue de Rima Hassan jeudi était "parfaitement illégale", estime son avocat, Me Vincent Brengarth. Il a estimé qu'il y avait eu "un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet" pour permettre une garde à vue sans avoir à demander la levée de l'immunité parlementaire de sa cliente.
Dénonçant un "contournement d'une gravité extraordinaire", il fait notamment d'une "procédure de flagrance construite de toute pièce". Me Vincent Brengarth a souligné que l'enquête en "flagrance" ne se justifiait pas dans la mesure où le post avait été supprimé par Rima Hassan "dans une logique d'apaisement", avant son audition jeudi.
L'avocat a déjà demandé "solennellement" à la procureure de Paris "d'ouvrir une enquête préliminaire, compte tenu des nombreuses fuites" intervenues lors de la garde à vue. Une demande à laquelle a répondu favorablement le parquet, d'après lui.
"Nous nous en réjouissons", précise-t-il. "Des informations ont fuité pendant la garde à vue et elles ont donné lieu à un récit de désinformation à l’encontre de Rima Hassan. Nous souhaitons que cette enquête aille jusqu’au bout, là c’est de la flagrance. Nous attendons des condamnations et des sanctions administratives", ajoute Me Vincent Brengarth, déclarant avoir pris connaissance de certains éléments via la presse en pleine audition.
"Des tensions vont assez rapidement apparaître [avec les fonctionnaires], bien avant que l'inventaire des affaires de Rima Hassan soit effectuée", relate-t-il, soulignant une "montée en tension subite".
Jeudi, lors de la fouille de ses effets, il a été découvert "la présence de matières s'apparentant d'une part à du CBD et d'autre part à de la 3MMC (une drogue de synthèse, NDLR), sur lesquelles elle a été interrogée", avait indiqué le parquet à l'issue de sa garde à vue, en ajoutant que "ces éléments étaient disjoints et feront l'objet d'une procédure distincte".
"J'avais sur moi du CBD hier en me rendant à ma garde à vue, utilisé à des fins médicales", disait Rima Hassan dans un tweet, plus tôt vendredi. "Sur les 2 CBD que j'avais, l'un a été testé conforme à ce qui se vend légalement, et le deuxième selon les enquêteurs contenait des traces de drogue de synthèse qui aurait été ajoutée à la résine de CBD", s'est-elle encore défendue sur ses réseaux sociaux.
"Des vérifications sont simplement en cours sur l'origine de ce CBD pour corroborer mes déclarations", a ajouté l'eurodéputée sur X, affirmant que "toutes les informations qui font référence à la détention de drogues sont fausses et ont été sciemment relayées dans le seul but de nuire".
D'après son avocat, ces accusations liées à une potentielle consommation de drogue de sa cliente correspondent à un "récit politique, visant une nouvelle fois à atteindre sa réputation". Il se dit "parfaitement confiant" sur ce point, car il n'y a selon lui que "deux possibilités : soit "c'est du CBD" légal, "soit des traces de drogue de synthèse" ont été retrouvées et "ça, c'est la responsabilité du vendeur". Un test urinaire a par ailleurs prouvé qu'il "n'y a pas de consommation de drogue de Rima Hassan", affirme-t-il, précisant que "des analyses complémentaires sont en cours."
"Personne ne peut penser que si jamais il y avait eu la moindre drogue - et il n’y en aurait jamais eu car elle n’en consomme pas -, elle serait venue devant les services avec une valise contenant de la drogue", a-t-il ajouté lors de la conférence de presse.
À noter que les deux auditions de ce vendredi matin sont liées à une plainte "déposée par l'organisation juive européenne OJE et l'organisation juive française OJF" et une "plainte déposée par le collectif d'extrême droite Némésis", avait fait savoir l'élue de 33 ans, avant de prendre la parole vendredi en début de soirée.
"On voulait qu'un procès ait lieu contre Rima Hassan. On voulait qu'elle soit jugée", dit l'avocat. À l'issue des auditions de vendredi, deux convocations lui ont été délivrées pour une audience devant le tribunal correctionnel le 16 septembre 2026, pour les chefs d'"apologie publique de crime ou délit" et "provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit", a précisé le parquet dans son communiqué.
"Nous avons saisi le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté d'information, ainsi que la présidence du Parlement européen. Si ce procès doit avoir lieu, ça sera le procès du siècle en matière d'apologie du terrorisme, car nous avons tous les éléments pour faire valoir [son] caractère totalement infondé", affirme Me Vincent Brengarth, au sujet également de sa première convocation au 7 juillet pour laquelle la défense de Rima Hassan "demandera la nullité des faits"..
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte