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Affaire Stéphane Dieterich : comment le meurtre du jeune étudiant a hanté Belfort pendant 21 ans

PODCAST - En juillet 1994, au petit matin, la découverte du corps de Stéphane Dieterich dans un bois près de Belfort plonge toute une ville dans la stupeur. L’étudiant de 24 ans, décrit comme sérieux, brillant et sans histoires, a été tué de 11 coups de couteau. Pendant plus de deux décennies, l’enquête piétine entre fausses pistes, zones d’ombre et révélations incomplètes. "Enquêtes criminelles" revient sur cette affaire qui a basculé grâce à un témoignage inattendu.

Stéphane Dieterich

Crédit : Photo de famille

Affaire Stéphane Dieterich (1/2) : le mort qui a hanté Belfort pendant 21 ans

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Affaire Stéphane Dieterich (2/2) : le mort qui a hanté Belfort pendant 21 ans

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Virginie Henaff - édité par Marie Zafimehy

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Le 5 juillet 1994, Belfort se réveille sous la pluie, au lendemain de l’effervescence des Eurockéennes. Dans le bois d’Essert, à la périphérie de la ville, les policiers découvrent le corps d’un jeune homme sauvagement poignardé. La victime est partiellement dévêtue. Très vite, l’identité tombe : il s’agit de Stéphane Dieterich, 24 ans.

La veille au soir, le jeune homme avait quitté précipitamment la maison familiale après l’appel d’un ami, Christophe Blind. Il devait partir en vacances avec lui quelques heures plus tard. Selon Christophe Blind, Stéphane lui aurait demandé d’être déposé près de la fête foraine du Fort Hatry, avant de disparaître. Une explication qui intrigue immédiatement les proches de la victime.

Car pour sa famille, rien ne colle, notamment pour sa mère qui témoigne dans Enquêtes criminelles. "Il n'était pas secret avec nous puisqu'on se parlait tous", explique-t-elle. "On se disait 'en bien, en mal, on se racontera toujours tout'". Son fils, n'a selon ses dires, pas le profil d’un jeune homme menant une double vie ou multipliant les fréquentations troubles. Pourtant, les premières constatations orientent les enquêteurs vers la piste d’une rencontre à caractère sexuel, sans qu’aucune certitude ne puisse être établie.

Une enquête enlisée pendant 21 ans

L’enquête s’enlise alors dans une série de fausses pistes. Deux forains sont soupçonnés après un appel anonyme. Un sosie de Stéphane pense même avoir été visé à sa place. Mais, à chaque fois, les espoirs retombent. Malgré les soupçons qui pèsent sur Christophe Blind, dernier à avoir vu la victime vivante, rien ne permet de le confondre. L’affaire finit par être classée.

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Du côté des Dieterich, impossible pourtant de renoncer. La famille se bat, crée une association, distribue des tracts, sollicite la presse et refuse l’oubli. Cette obstination finit par payer. En 2014, un homme affirme se souvenir qu’en 1994, un surveillant prénommé Christophe lui avait proposé de tuer quelqu’un contre de l’argent. Les enquêteurs relancent aussitôt la piste Christophe Blind.

Placée à nouveau en garde à vue en 2015, l’ancien meilleur ami de Stéphane finit par craquer. Vingt et un ans après les faits, il avoue le meurtre. Il reconnaît avoir conduit Stéphane au Bois-Joli avant de le poignarder avec un couteau acheté peu avant.

Au procès, en 2019, Christophe Blind évoque une relation d’emprise et un mobile intime, une version fermement rejetée par la famille de la victime. Après cinq jours de débats, il est condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Pour les proches de Stéphane Dieterich, la douleur reste intacte, mais la vérité judiciaire est enfin là.

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