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400 Roms évacués de deux campements en région parisienne

Deux campements roms, l'un à Saint-Denis, l'autre à Ivry-sur-Seine, ont été évacués ce jeudi.

Un gyrophare de police (archives).
Un gyrophare de police (archives).
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP

Un campement rom dans lequel vivaient près de 300 personnes a été évacué jeudi matin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Le campement, installé sur un terrain privé à proximité de la Seine, a été évacué dans le cadre d'un arrêté municipal de la mairie communiste de Saint-Denis. "L'opération s'est déroulée sans incident", a indiqué une source policière. La mairie de Saint-Denis avait demandé l'expulsion du campement en raison, selon elle, de la dangerosité du site. Elle se fondait sur un rapport de la police municipale indiquant que sur le terrain se trouvait un bâtiment vétuste susceptible de s'effondrer.

L'arrêté municipal avait été attaqué devant le tribunal administratif de Montreuil par les habitants qui avaient produit un constat d'huissier, mais ces derniers "ont été déboutés", a précisé la préfecture. "On crée des crises humanitaires les unes après les autres: il y a deux semaines et demie, c'était Bobigny, maintenant, c'est Saint-Denis", a réagi Saimir Mile, le président de la Voix des Roms.

Aucune solution de relogement

Pour le président de cette association de défense des Roms, ces arrêtés "prouvent qu'il y a une volonté politique de l'Etat et des communes de chasser les Roms". Il a souligné que les habitants de ce campement évacué, qu'ils occupaient depuis la fin de septembre, n'ont aucune solution de relogement. "Et là, pour le coup, on les a mis en danger", a ajouté Mile, qui conteste la réalité du danger invoqué par la mairie.

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Le constat d'huissier établi à la demande de Maître Henri Braun, l'avocat des requérants, ne faisait en effet, selon lui, "état d'aucune fissure susceptible de provoquer l'effondrement du bâtiment". 

Plus tard dans la journée de jeudi 13 novembre, un campement d'une centaine de Roms a été démantelé à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Le camp a été évacué par les forces de l'ordre à la suite d'une décision de justice sur requête de Réseau ferré de France (RFF), propriétaire du terrain.

Des propositions d'hébergement à l'hôtel ont été acceptées par six familles et deux autres ont été relogées par la mairie pour trois nuits. Les familles sans solution se sont rendues devant le siège du Samu social d'Ivry. "On a réussi tant bien que mal à trouver une solution pour ce soir mais il y a plus de quarante personnes qui se retrouvent à la rue dès demain", a regretté jeudi Isabelle Misslin, une des responsables du collectif de soutien.

Les Roms "sont Européens, ils ont le droit d'être là"

Ces Roms étaient arrivés sur ce site en juin, après une expulsion d'un campement dans l'Essonne. Pour Misslin, ces expulsions "inhumaines" ne "servent à rien". "Ils sont Européens, ils ont le droit d'être là. C'est une société qui marche sur la tête", a-t-elle estimé.

A la suite de cette évacuation, la mairie (PCF) d'Ivry a demandé la tenue d'une conférence régionale afin de trouver "une réponse globale et juste au drame que vivent ces milliers de femmes, d'hommes et d'enfants".

"La solution à la situation inacceptable que connaissent ces populations ne peut être le déplacement d'expulsion en expulsion les laissant dans la plus grande précarité et dans l'angoisse du lendemain", écrit la municipalité dans un communiqué. 

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