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4 morts et des centaines d'intoxications : le Sniper 1000 contre les punaises de lit continue de circuler en France malgré son interdiction

Interdit à la commercialisation en France depuis 2013, le Sniper 1000 circule toujours sur le territoire de manière clandestine, entraînant des intoxications dont les symptômes peuvent entraîner la mort. Quatre personnes sont décédées après l'utilisation de ce produit entre 2023 et 2025.

Des punaises de lit (image d'illustration)

Crédit : JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

AFP - édité par Justine Audollent

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L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) tire la sonnette d'alarme. Un insecticide contre les infestations de punaises de lit et de cafards interdit en France, le "Sniper 1000", cause un "nombre croissant d'intoxications" dont quatre ont été mortelles, alerte l'Anses, évoquant un "important trafic" notamment en Île-de-France. 

"Autrefois utilisé pour combattre les insectes dans les habitations, les entrepôts, les cultures et les élevages", le dichlorvos, principale substance active biocide du "Sniper 1000", est interdit depuis 2013 en France et dans l'Union européenne "en raison de sa toxicité élevée", rappelle l'agence dans son bulletin de vigilance, publié ce lundi 13 avril. 

Or, vendu "illégalement sur des marchés, dans des bazars ou sur internet", le "Sniper 1000" continue d'être utilisé pour lutter contre punaises de lit et cafards, malgré les saisies de flacons et les alertes régulièrement effectuées par les autorités sanitaires. 

Des intoxications qui peuvent être mortelles

Entre 2018 et juin 2023, plus de 206 cas d'intoxications liés à cet insecticide avaient été recensés par les Centres antipoison. Ces intoxications "peuvent être graves" avec des "symptômes respiratoires, digestifs, neurologiques ou neuro-musculaires pouvant aller jusqu'au décès", précise l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail. 

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Sur trois ans, entre début 2023 et fin 2025, 351 intoxications ont été recensées. 60% d'entre elles concernaient des femmes. Si la plupart étaient bénignes, une sur dix était de gravité moyenne et quatre cas ont entraîné la mort

La majorité des intoxications a lieu en Île-de-France

Près de 7 expositions sur 10 se sont produites en Île-de-France - dont plus d'une sur cinq dans le seul département de la Seine-Saint-Denis -, où le produit avait été acheté principalement sur des marchés ou dans des bazars. "Importé principalement d'Afrique subsaharienne'", le "Sniper 1000" fait l'objet d'un "important trafic francilien qui s'étend désormais à d'autres grandes villes de France", rapporte l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, rappelant qu'il ne faut pas l'utiliser. 

Mais "contrairement au précédent bilan", le produit circule désormais sur tout le territoire, des intoxications ayant été rapportées à Marseille, Limoges, Lyon et en Outre-mer notamment, souligne l'agence sanitaire. Parmi les 351 intoxications recensées, 255 étaient liées à l'utilisation du "Sniper 1000" contre des nuisibles au domicile, 39 à une ingestion accidentelle par un enfant, et 32 à une ingestion volontaire dans un but suicidaire, précise-t-elle. 

Les punaises de lit résistant aujourd'hui à "la quasi-totalité des insecticides en vente libre", l'Anses recommande, si l'infestation persiste, de recourir à un professionnel certifié. 

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