1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Yasser Arafat empoisonné ? La justice française doit se prononcer le 17 juin
2 min de lecture

Yasser Arafat empoisonné ? La justice française doit se prononcer le 17 juin

Douze ans après son hospitalisation et son décès à Paris, de plus en plus d’éléments accréditent l'idée que la mort de l'ancien leader palestinien n'était pas naturelle. La justice française va trancher.

Yasser Arafat, en 2004
Yasser Arafat, en 2004
Crédit : JAMAL ARURI / AFP
Yasser Arafat empoisonné ? La justice française doit se prononcer le 17 juin
02:55
Loïc Farge
Loïc Farge

Les magistrats français avaient conclu au non-lieu, l'année dernière. Mais la veuve de Yasser Arafat a fait appel. La cour d'appel de Versailles se penche à nouveau sur les analyses réalisées dans la tombe du leader palestinien. Quand on vous dit "la tombe", c'est vraiment cela. Des scientifiques sont descendus à l’intérieur du tombeau, à 4 mètres sous terre à Ramallah. L'exhumation du corps du raïs palestinien a eu lieu en 2012, à 5 heures du matin. Trois équipes d'experts française, suisse et russe sont reparties avec les mêmes échantillons de squelette d'Arafat. Elles ont toutes trouvé du polonium, un poison radioactif. Mais, et c'est le problème, elles ne tirent pas les mêmes conclusions.

"On peut raisonnablement penser que Yasser Arafat a été empoisonné", établissent les Suisses. Ce qui est exclu par les Français et les Russes. La justice doit donc se prononcer vendredi 17 juin dans une affaire où il n’y aura jamais de vérité scientifique, souligne Emmanuel Faux, auteur de L'affaire Arafat, un livre-enquête captivant. Le journaliste s’est procuré le rapport médical de Yasser Arafat, qu'il a soumis à des médecins. Avec eux, il est formel : le leader de la cause palestinienne n'est pas mort naturellement à 75 ans.

Personne n'a intérêt à ce qu'on sache la vérité

Par qui alors Arafat aurait-il pu être empoisonné ? "On est évidemment tenté de penser en premier lieu à une piste israélienne, l'ennemi juré de toujours d'Arafat. Ça c'est l'hypothèse facile", explique Emmanuel Faux. "Mais il faut aller chercher de façon un peu complexe la vérité, parce qu'Arafat avait des ennemis de l'intérieur", ajoute-t-il. Il cite le cas de Mohamed Dahlan, son homme de confiance, qui petit à petit, le pouvoir augmentant, se retourne contre son chef. "Dahlan pouvait être un intermédiaire d'un processus pour en finir avec la présidence Arafat", poursuit-il.

Élimination physique par Israël ou crime fratricide, ou mélange des deux. Si Yasser Arafat n’est effectivement pas mort de sa belle mort, ces hypothèses sont explosives. Dans ce cas, on peut donc facilement imaginer que personne n’a intérêt à ce qu’on sache la vérité un jour. Vraiment personne. Ni les Palestiniens, ni Israël. Ni les autorités françaises actuelles ou de l’époque. Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères au moment de la mort d'Arafat, nous dit qu’il n'a "aucune raison de penser que la mort n’était pas naturelle" comme l’ont écrit les médecins de Percy.

À lire aussi

Mais Percy-Clamart est un hôpital militaire où il arrive que la raison d’État l’emporte sur la vérité médicale. Pourquoi le corps de Yasser Arafat n'a-t-il pas été autopsié ? Pourquoi Souha Arafat, la veuve, a-t-elle attendu sept ans pour demander une enquête criminelle ? Que le non-lieu soit confirmé ou non en fin de semaine, ces questions empoisonnantes devraient alimenter pour des années le mystère sur la fin de vie d’Arafat.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/