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Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse à bord d'Air Force One, le 5 juin 2026.
Crédit : SAUL LOEB / AFP
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Un échange plus que tendu. Dimanche 7 juin, la chaîne de télévision américaine NBC News a diffusé son émission "Meet the Press" avec un invité spécial, Donald Trump, qui a accepté d'accorder une heure d'interview à la journaliste Kristen Welker. L'entretien s'est déroulé dans un contexte particulier : cent jours exactement après le lancement de la guerre en Iran, les États-Unis peinent à trouver une porte de sortie au conflit alors qu'approchent les élections de mi-mandat, à l'automne prochain. Comme à son habitude, le républicain a déformé les faits à son avantage, critiquant la presse et attaquant personnellement son interlocutrice. Agacé, il a soudainement mis un terme à l'interview.
L'équipe de NBC News avait rejoint Donald Trump dans une ferme du Wisconsin, où il était en déplacement ce week-end. Un tracteur en arrière-plan, entouré de bottes de foin, le locataire de la Maison Blanche vante d'abord son bilan contre l'Iran, assurant sans rougir que "si je n’étais pas intervenu, ils auraient aujourd’hui une arme nucléaire, et la moitié du monde serait peut-être déjà anéantie".
L'interview fleuve est parfois interrompue par une pluie diluvienne forçant l'interruption de l'échange, les micros étant saturés par le bruit de la pluie s'abattant sur le hangar agricole.
En fin d'entretien, Kristen Welker interroge le président sur son projet de fonds d'indemnisation dédié aux émeutiers du 6 janvier 2021, dont plusieurs avaient saccagé le Congrès à Washington après la défaite de Donald Trump à l'élection présidentielle. La mesure fait scandale. Le ministre de la Justice Todd Blanche a annoncé l'abandon de ce projet le 2 juin. Mais Trump le défend toujours.
"Pensez-vous que quiconque ayant agressé des policiers le 6 janvier [2021] devrait recevoir l'argent public ?", demande la journaliste. "Écoutez, si ça ne tenait qu’à moi, je leur donnerais l’argent qu’ils méritent. Des gens ont été détruits. Des vies ont été brisées", justifie alors la figure de proue du mouvement MAGA. Pour le président, "vous aviez une bande de flics corrompus, et franchement, ce qu'ils ont fait, c'est instrumentaliser notre gouvernement".
"Mais monsieur, il n'y a pas de preuve de ce que vous avancez", tente Kristen Welker. Donald Trump s'agace alors. "Des gens comme vous, la presse malhonnête et corrompue, des gens comme l'idiot de Biden, (...) ont détruit des vies, ils ont envoyé en prison des gens qui n'avaient rien fait de mal."
Le président en profite alors pour évoquer un de ses thèmes préférés : le trucage des élections, dont lui et son parti seraient victimes. "L'élection [de 2020] a été truquée, elle était entachée de malhonnêteté. Ça se reproduit en ce moment en Californie", continue-t-il, en référence aux primaires qui se sont déroulées dans l'état démocrate la semaine dernière pour désigner le futur gouverneur. Les résultats n'ont toujours pas été promulgués.
"Trouvez-vous normal qu'il y ait des élections et que, cinq jours plus tard, on soit encore loin de connaître le vainqueur ?", s'emporte le milliardaire. Selon lui, les autorités californiennes veulent truquer le scrutin pour favoriser les démocrates au détriment du Parti républicain. "Ils sont corrompus, tout comme vous l'êtes. Votre presse est corrompue, 'Meet the Press' est corrompu."
Jusqu'à présent, la journaliste encaissait les coups. Mais elle choisit alors de se défendre : "Pour être honnête, je ne suis pas malhonnête", tente-t-elle. "Vraiment ?, rebondit immédiatement Trump. (...) Soit vous êtes malhonnête, soit vous êtes stupide. Vous leur donnez exactement raison. Vous savez que ces élections sont truquées, votre chaîne le sait aussi. J’ai largement remporté mon élection et j’ai eu 94 % de presse négative. Vous savez pourquoi ? Parce que vous n’avez aucune crédibilité."
"J'en ai eu assez", lâche d'un coup le président, agrippant le micro accroché à sa veste. "Merci chérie, amuse-toi bien", lance-t-il à son interlocutrice, qui tente de le dissuader de partir. Tandis qu'une pluie battante s'abat de nouveau sur le hangar, Donald Trump, furieux, se lève, tapote le bras de Kristen Welker pour la saluer, et se cogne la tête sur un micro suspendu au-dessus d'eux. L'interview est terminée. Retour sur le plateau après cette fin d'entretien chaotique. La présentatrice annonce : "Nous avons tous deux reconnu les difficultés rencontrées lors de l'interview, interrompue par la pluie. Il a accepté de me rencontrer à nouveau pour une interview dans l'émission 'Meet the Press'." L'occasion pour le président de disputer le match retour avec NBC News.
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