2 min de lecture Afghanistan

Un an après, la stratégie de Trump en Afghanistan peine à porter ses fruits

La stratégie afghane du président américain Donald Trump, décidée le 21 août dernier lorsqu'il a renoncé à retirer ses troupes du pays, peine à porter ses fruits. Les négociations avec les talibans sont au point mort.

Un combattant afghan à proximité d'un bombardement près de Tora Bora (Afghanistan).
Un combattant afghan à proximité d'un bombardement près de Tora Bora (Afghanistan). Crédit : ROMEO GACAD / AFP
Thibaut Deleaz
Thibaut Deleaz
et AFP

Les talibans et Daesh ont mené mi-août une série d'attaques sanglantes en Afghanistan, notamment un attentat suicide contre une école d'un quartier chiite de Kaboul, faisant au moins 37 morts. Une vague de violence qui survient un an après le lancement de la nouvelle stratégie de Donald Trump pour le pays, ravagé par 17 ans de guerre.

Le 21 août 2017, le Président américain n'espérait pas que la situation évolue ainsi lorsqu'il a renoncé à son "instinct initial de se retirer" pour doubler le nombre de ses soldats engagés dans le pays. Sa décision avait été saluée par les généraux américains, qui n'ont jamais souscrit à l'idée de Barack Obama que les Etats-Unis pouvaient se retirer d'Afghanistan sans y laisser un vide sécuritaire.

Le général américain John Nicholson, commandant de l'Otan en Afghanistan, avait affirmé quelques mois plus tard que la guerre avait "passé un cap" et que le gouvernement afghan aurait repris le contrôle de 80% du pays d'ici deux ans. En mai dernier, seule 65% de la population était sous contrôle des autorités selon un rapport officiel américain.

Forcer les talibans à négocier

Donald Trump voulait forcer les talibans à s'asseoir à la table des négociations avec le gouvernement afghan, c'était l'un des principaux objectifs de sa stratégie. En juin, un cessez-le-feu inédit de trois jours a accordé un peu de répit aux civils. La trêve avait donné lieu à des scènes de fraternisation dans les villages et jusqu'au cœur de Kaboul. Mais pour le moment, les talibans ont repoussé la main tendue du gouvernement afghan.

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L'émissaire des États-Unis pour l'Asie du Sud Alice Wells aurait pourtant rencontré des responsables des talibans afghans en juillet au Qatar, selon des informations jamais confirmées officiellement. En visite à Kaboul le même mois, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a estimé que "beaucoup de talibans ont compris qu'ils ne peuvent gagner sur le terrain. C'est directement lié à la stratégie du président Trump."

Ashraf Ghani, le président afghan, estime que la nouvelle stratégie américaine a "changé la donne" et a remercié les États-Unis. Mais chaque attaque est un énorme recul éclipsant les rares lueurs d'espoir. La ville stratégie de Ghazni, située à deux heures de route de Kaboul, a été prise d'assaut cet été par les talibans, et l'armée afghane, appuyée par des raids aériens américains, a mis plusieurs jours à les repousser.

Se placer en position de force

Mais la récente poussée de violence pourrait bien viser à placer les talibans en position de force au moment d'entamer les négociations, selon des analystes. "On a déjà vu ça : des insurgés qui, avant des négociations ou un cessez-le-feu, tentent de faire monter les enchères", a confirmé jeudi 16 août le ministre américain de la Défense, Jim Mattis. 

Face à la lenteur des progrès, Donald Trump semble pourtant montrer des signes d'impatience. Selon NBC, il caresserait de nouveau l'idée de confier les tâches de sécurité en Afghanistan à Erik Prince, fondateur de Blackwater, une société de mercenaires qui a laissé de sinistres souvenirs en Irak. Une idée à laquelle le Pentagone est totalement opposé.

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