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Ukraine : nouveau round ce dimanche pour gérer la crise

Les dirigeants français, allemand, russe et ukrainien doivent faire le point par téléphone ce dimanche sur la crise ukrainienne.

Après s'être entretenus avec Vladimir Poutine le 6 février 2015 à Moscou, Angela Merkel et François Hollande doivent faire un point téléphonique le 8 février ave le dirigeant russe et le président ukrainien Petro Porochenko sur la situation ukrainienne.
Après s'être entretenus avec Vladimir Poutine le 6 février 2015 à Moscou, Angela Merkel et François Hollande doivent faire un point téléphonique le 8 février ave le dirigeant russe et le président ukrainien Petro Porochenko sur la situation ukrainienne.
Crédit : MAXIM ZMEYEV / POOL / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Après une rencontre avec Vladimir Poutine le 6 février, les Occidentaux devaient à nouveau faire le point avec le président russe sur le dossier ukrainien au cours d'une conférence téléphonique à quatre ce dimanche 8 février.

Vladimir Poutine, François Hollande, le président ukrainien Petro Porochenko et Angela Merkel doivent participer à cette conférence.

"Des actes" réclamés à Poutine

Samedi, lors d'une conférence à Munich, le dirigeant ukrainien a brandi des passeports de soldats russes entrés en Ukraine pour prouver "l'agression et la présence de troupes russes" dans son pays.

Quelques instants auparavant, le vice-président américain Joe Biden avait appelé le maître du Kremlin à montrer par "des actes, pas des paroles" qu'il était prêt à œuvrer pour un règlement politique de la crise.

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"Trop souvent, le président Poutine a promis la paix et livré des chars, des troupes et des armes", a averti Joe Biden, à la conférence sur la sécurité de Munich, en référence au soutien russe aux séparatistes ukrainiens, que Moscou dément.

Interrogation sur le succès de l'initiative franco-allemande

La chancelière allemande et le président français, tout juste revenus de cinq heures de négociations à Moscou, ont concédé qu'ils n'étaient pas sûrs de réussir dans leur initiative de paix mais qu'il fallait aller au bout de cette "dernière chance", alors que la situation a été de nouveau très tendue sur le terrain.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a estimé que les "deux ou trois prochains jours" seraient décisifs pour le succès de l'initiative franco-allemande.

Un conflit meutrier

Au moins cinq soldats ukrainiens et sept civils ont péri au cours des dernières 24 heures dans l'est du pays. Les tirs de roquettes ont aussi repris sur Debaltseve, l'un des points chauds du front, au lendemain d'une courte trêve.

L'armée ukrainienne a par ailleurs affirmé que les troupes séparatistes et "russes" étaient en train de "masser des forces pour une offensive vers Debaltseve et Marioupol"
, deux villes stratégiques sous contrôle de l'armée ukrainienne.

"Si nous ne parvenons pas à trouver un accord durable de paix, nous connaissons parfaitement le scénario : il a un nom, il s'appelle la guerre", a martelé le président Hollande de retour en France.

Plusieurs questions encore en suspens

Le plan franco-allemand prévoirait une plus large autonomie des régions de l'Est de l'Ukraine, selon un haut responsable du Département d'État américain. Il se base sur la ligne de front actuelle, et prévoit une zone démilitarisée de 50 à 70 kilomètres de large le long de cette ligne, a précisé François Hollande à la chaîne de télévision France 2.

Plusieurs questions restent en suspens, a précisé l'entourage du président
, citant notamment le "statut des territoires" conquis par les séparatistes, le "contrôle des frontières", par lesquelles hommes et matériels transitent de Russie vers le Donbass selon les Occidentaux, et le "retrait des armes lourdes".

Petro Porochenko a martelé qu'il n'existe "qu'une seule ligne (de front), celle de l'accord de Minsk'" conclu en septembre 2014, soit bien en-deçà des positions atteintes après la dernière offensive des rebelles. "On peut discuter du nombre de kilomètres sur lequel on peut se retirer" pour instaurer un cessez-le-feu. "C'est une question négociable. Mais nous devons nous rencontrer immédiatement, lancer le processus et arrêter les combats", a-t-il insisté avant de rentrer à Kiev.

La Russie ne compte faire la guerre à personne

Vladimir Poutine

Vladimir Poutine a affirmé pour sa part que la Russie "ne comptait faire la guerre à personne". "Mais il y a, c'est certain, une tentative de freiner notre développement par différents moyens", a-t-il pointé en allusion aux sanctions occidentales qui étranglent son économie.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est voulu prudemment optimiste. "Il est tout à fait possible d'avoir des résultats et de tomber d'accord sur des recommandations qui permettront aux deux côtés de vraiment dénouer le conflit", a-t-il estimé à Munich.

Les appels, notamment aux États-Unis et dans l'est de l'Europe, à livrer des armes à l'armée ukrainienne afin de rééquilibrer le rapport de forces sur le terrain alimentent aussi les passions, laissant craindre un engrenage funeste.

Une solution politique privilégiée

Sans se prononcer directement sur la question, pas encore tranchée à Washington, le vice-président américain Joe Biden a souligné que Kiev avait le droit de "se défendre" face à l'offensive des séparatistes.

Pour sa part, le secrétaire d’État John Kerry a indiqué que les États-Unis réfléchissaient à une aide "supplémentaire" à l'Ukraine et privilégiaient une solution "politique", dans un entretien à la chaîne NBC qui doit être diffusé dans son intégralité dimanche.

Paris et Berlin excluent également résolument l'option militaire. "Je ne vois pas en quoi un meilleur équipement de l'armée ukrainienne impressionnerait le président Poutine (...) Cela conduira plutôt à plus de victimes", a riposté Angela Merkel.

En 10 mois de conflit, 5.300 personnes ont été tuées dans l'est de l'Ukraine.

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