3 min de lecture Ukraine

Ukraine : les pro-russes maintiennent leur référendum à Donetsk

Le référendum sur l'indépendance de la république autoproclamée de Donetsk aura bien lieu le 11 mai, ont annoncé les insurgés pro-russes, malgré l'appel de Vladimir Poutine.

Préparatifs du référendum sur l'indépendance de Donetsk en Ukraine, le 8 mai 2014.
Préparatifs du référendum sur l'indépendance de Donetsk en Ukraine, le 8 mai 2014.
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Les insurgés pro-russes d'Ukraine ont décidé de maintenir leur référendum sur la "déclaration d'indépendance" de la république autoproclamée de Donetsk prévu pour le 11 mai, malgré un appel au report lancé par le président russe Vladimir Poutine.

"La date du référendum ne sera pas reportée", a insisté Denis Pouchiline, chef indépendantiste de la république autoproclamée, tout en déclarant "remercier" Vladimir Poutine, "quelqu'un qui se préoccupe des gens du sud-est de l'Ukraine". Le chef séparatiste a expliqué : "Le désir du peuple de tenir le référendum se renforce. Il y a eu un vote et une décision de ne pas changer la date a été prise à l'unanimité".

Le président russe avait surpris mercredi 7 mai en adoptant un ton plus conciliant que de coutume à l'égard de Kiev. Il avait proposé un scénario de "dialogue" prévoyant l'arrêt de l'opération militaire en cours dans le sud-est en échange d'un report du "référendum".

Tout est prêt pour la tenue du référendum

"Le référendum est pour dans quelques jours et tous les bulletins de vote sont imprimés et sont en train d'être envoyés", a affirmé un représentant de la commission électorale des séparatistes à Donetsk. Une décision similaire a été adoptée "à l'unanimité" dans la région voisine de Lougansk, a rapporté l'agence Interfax, citant un porte-parole de l'"armée du sud-est".

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Une porte-parole de l'Union européenne à Bruxelles a immédiatement critiqué cette décision : "Nous insistons avec force sur le fait que ce référendum ne doit pas se tenir" car "il aggraverait encore la situation" et "pourrait mener à une nouvelle escalade", a-t-elle déclaré.

Selon le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, le Kremlin a pris acte ce jeudi 8 mai de la réponse des séparatistes à sa proposition, jugeant que les "nouveaux développements" devaient être "analysés".

L'appel au report du référendum de Moscou critiqué

Moscou avait déjà affirmé plus tôt cette semaine ne plus avoir d'influence sur les rebelles pro-russes d'Ukraine en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. Mais pour le journal en ligne Ukraïnska Pravda, "Poutine fait semblant ne pas avoir d'influence sur les séparatistes".

Les autorités de Kiev ont quant à elles déjà fait savoir qu'elles ne reconnaissaient pas la légitimité de ce projet de "référendum terroriste". "Tout appel à le 'reporter' n'est donc qu'une moquerie et aucunement un signe de bonne volonté. La Russie a déjà mis en œuvre un tel scénario en Crimée", a souligné le ministère des Affaires étrangères. Cette péninsule du sud de l'Ukraine a été rattachée en mars à la Russie, au grand dam de la communauté internationale.

Poursuite de l'opération militaire ukrainienne

Le gouvernement ukrainien a de son côté répété ce jeudi qu'il n'avait en aucun cas l'intention de renoncer à rétablir l'ordre dans l'Est. "L'opération antiterroriste va se poursuivre, quelles que soient les décisions (sur le référendum) des groupes subversifs ou terroristes de la région de Donetsk", a déclaré le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï.

Les autorités ukrainiennes se trouvent depuis vendredi engagées dans une opération militaire dans cette zone, qui s'est déjà soldée par des dizaines de morts.

Dans les villes rebelles de Slaviansk et Donetsk, la population a semblé réagir favorablement à la décision des chefs insurgés de maintenir le référendum. "Le référendum doit se dérouler le plus vite possible avant l'élection présidentielle" prévue le 25 mai, a estimé Sergueï, un habitant de Slaviansk. "Quoi qu'il arrive, j'irai voter", a-t-il ajouté.

Vive tension en Ukraine

Référendum ou non, la tension va rester vive en Ukraine à l'approche du scrutin présidentiel du 25 mai, qui doit permettre l'élection du successeur de Viktor Ianoukovitch.

Le Premier ministre Arseni Iatseniouk a mis en garde contre des "provocations" lors des cérémonies du 9 mai, qui marquent la victoire de l'URSS contre l'Allemagne nazie en 1945. Il a également tendu la main aux russophones en promettant un rôle étendu pour la langue russe dans les régions russophones d'Ukraine, où seul l'ukrainien est actuellement langue officielle.

Les Occidentaux soupçonnent la Russie de déstabilisation

Les Occidentaux, qui jugent crucial que le scrutin se déroule correctement, accusent la Russie de tout faire pour déstabiliser l'Ukraine et empêcher sa tenue.

Le secrétaire général de l'OSCE, Lamberto Zannier, était de nouveau attendu à Kiev jeudi et vendredi. Les Occidentaux se sont par ailleurs déclarés sceptiques quant au retrait annoncé par Vladimir Poutine des dizaines de milliers de soldats russes déployés ces dernières semaines le long de la frontière avec l'Ukraine.

L'Otan a déclaré n'avoir noté "aucun signe" d'un tel retrait. "J'ai une très bonne vue", a ironisé ce jeudi le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, interrogé sur un tweet du ministère russe des Affaires étrangères qui l'accusait d'être "aveugle" pour ne pas avoir remarqué ce retrait.

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